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Full text of "Collection Jacques Doucet [deluxe edition]"

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COLLECTION 

JACQUES DOUCET 



DESSINS, PASTELS 

SCULPTURES, TABLEAUX 

MEUBLES ET OBJETS D'ART 

DU XVIII^ SIECLE 



Collection Jacques Doucet 



DEUXIEME PARTIE 



CATALOGUE 

DES 



SCULPTURES & TABLEAUX 

DU XVIII"^ SIECLE 

DONT LA VENTE AURA LIEU A PARIS 

GALERIE GEORGES PETIT 

8, RUE DE SfeZE, 8 

Le Jeudi 6 Juin 1912^ a 2 heures 



COMMISSAIRES-PRISEURS 



M<= F. LAIR-DUBREUIL 

6, rue Favart, 6 



W HENRI BAUDOIN 

10, rue Grange-Bateliere, 10 



EXPERTS 



MM. PAULME & B. LASQUIN FILS 

10, rue Chauchat rue Grange-Bateliere, 11 



M. JULES FERAL 

7, rue Saint-Georges, 7 



MM. MANNHEIM 

7, rue Saint-Georges, 7 



PARIS — I912 



EXPOSITIONS 

GALERIE GEORGES PETIT, 8, RUE DE SEZE 



PARTicuLifeRE I Le Lundt 3 Juin ipi2, de 2 heures a 6 heures. 
PuBLiQUE : Le Mardi 4 Juin igi2, de 2 heures a 6 heures. 



ORDRE DES VACATIONS 



Le Mercredi 5 Juin 1912, a 2 heures. 

Num^ros 

Dessins, Aquarelles, Gouaches i a 69 

Pastels 70 a 91 

Le Jeudi 6 Juin 1912, h. 2 heures. 

Sculptures 92 a i3i 

Tableaux . i32 k 195 

NOT A. — Pour les deux premieres vacations, I'ordre numerique ne sera pas suivi. 

Le Vendredi 7 Juin 1912, k 2 heures. 

Socles 348 a 357 

Objets varies 225a 245 

Porcelaines de Chine et de Chantilly 196 a 207 

Porcelaines, Matieres dures et autres mont^es en bronze 208 a 224 

Sieges divers 273 a 298 

Le Samedi 8 Juin 1912, a 2 heures. 

Orfevrerie et Instruments de math^matiques 246 a 256 

Bronzes d'art et d'ameublement 257 a 272 

Meubles, Paravent en laque de Coromandel 304 a 3.^9 

Sifeges et Ameublements couverts en tapisserie 299 a 3o3 

Tapis et Meubles en tissu de Savonnerie 340 a 344 

Tapisseries de Beauvais et Tapis d'Orient 345 a 347 



CONDITIONS DE LA VENTE 



La vente sera faite au comptant. 

Les acqu^reurs paieront dix pour cent en sus des prix d'adjudication. 



Collection Jacques Doucet 



DEUXIEME PARTIE 



CATALOGUE 



DES 



SCULPTURES & TABLEAUX 



DU XVIir SifeCLE 



NOTICES 



PAR 



PAUL VITRY 

Conservateur-adjoint au Musee du Louvre. 

(sculptures) 



MARCEL NICOLLE 

Attache honoraire des Masses Nationaux 

(tableaux) 




PARIS 
IMPRIMERIE GEORGES PETIT 

12, RUE GODOT-DE-MAUROI, 12 



MCMXII 




92 



SCULPTURES 



BERRUER 

(PIERRE-FRANCOIS) 

Paris, 1733 -j- Paris, 1797. 



^00^' 



^ 



92 
Buste dePhilippeNericault-Destouches. 

Le buste, coupe aux epaules, est entoure d'une grande draperie 
enveloppante qui laisse voir un revers de I'habit et la cravate nouee 
negligemment autour du cou. La tete, tournee de trois-quarts a gauche, 
est couverte d'une longue perruque bouclee comme on en portait au 
temps de la Regence. 

Signe au revers : P.-F. Berruer fecit, ijyg. 

Terre cuite. 

Piedouche de marbre brun veine. 

Haut., 75 cent. 

Cette terre cuite a sans doute dte executee des rachevement du modele du buste 
du poete Destouches (1680-1754), dont le marbre ne fut termine et expose au Salon 
que deux ans plus tard, en 1781. 

Berruer avait participe avec Pajou et Caffieri aux commandes officielles de statues 
de grands hommes faites par le comte d'Angivillers; son Chancelier d'Aguesseau venait 
de paraitre au Salon de 1779. II executa, comme eux, des bustes retrospectifs d'auteurs 
dramatiques pour la Comedie-Fran^aise en echange d'une entree a vie. Son Destouches 
parut au meme Salon que le Dufresny de Pajou et I'emporte certainement sur celui-ci 
pour la bonhomie vivanie de I'expression. 

Al. Lenoir en possedait un platre provenant de I'Academie franfaise, qu'il enre- 
gistre sous le n° 3g6 de son catalogue du Musee des Monuments francais (an V), avec 
une attribution, ^videmment fausse, a Caffieri. 

II en existe un moulage au Mus^e de Versailles [Catalogue Soulie, n° 814). 

Voir Em. Dacier, le Musee de la Comedie-Francaise, p. 7. — Monval, les Collec- 
tions de la Comedie-Francaise, n" 35, p. 39. 

I 



COLLECTION JACQUES DOUCET 




CAFFIERI 

(JEAN-JACQUES) 
Paris, 1725 •}- Paris, 1792. 

Buste de Buirette de Belloy. 

Le buste est presque tout enveloppe dans un grand manteau 
formant draperie. Chemise ouverte. Tete jeune et fine, coiffee d'une 
perruque k la mode des dernieres annees du regne de Louis XV, tournee 
de trois-quarts a droite. 

Platre patine claire. 

Haut., 42 cent. 

Reduction du buste de grandeur naturelle, du po^te dramatique Buirette de Belloy 
(1727-1 775), dont le marbre figure a la Comedie-Fran^aise. Le modele avait ete fait 
du vivant du poete,qui etait en relations d'amiti^ avec le sculpteur. Le platre figura au 
Salon de 1 763 . Le marbre est dat^ de 1 77 1 , bien qu'il n'ait figure qu'au Salon de i 789. 

C'est Buirette de Belloy qui avait negocie avec les Comediens, en 1 773, la cession 
du buste de Piron. Apres sa mort, Caffieri, obeissant au voeu de son ami, mit une belle 
obstination a faire entrer son buste a la Comedie, malgr^ les Comediens, qui trou- 
vaient peut-etre la gloire de Tauteur du Siege de Calais un peu mince, peut-etre aussi 
Caffieri un peu envahissant et les entrees a vie par trop multipliees. Le buste ne for^a 
les portes de la Comedie qu'apres la mort de Tartiste, en 179^. 

Voir Monval, les Collections de la Comedie-Franqaise, n" 59, p. 46, fig. — 
J. -J. Guiffrey, les Caffieri^ p. 35 1-357. 




94 

^ Buste de Jean-Baptiste Rousseau. 

Le buste, traite a la maniere decorative, otfre une ample draperie 
qui laisse apparents Thabit et la chemise ouverte. La tete legerement 
tournee vers la gauche est couverte d'une large perruque bouclee. 

Platre patine fonc^e. 

Haut., 42 cent. 

Reduction du buste de grandeur naturelle de Jean-Baptiste Rousseau (i 670-1 741), 
dont le marbre qui figure a la Com^die-Fran^aise, fut ex^cut^ d'apres un portrait d'Aved 
dat^ de i 738. II fut propose aux Comediens dfes i 782, acheve et exposd en 1787. C'dtait 
le sixieme ou le septifeme que Caffieri, qui s'^tait fait une veritable sp^cialitd de ces ope- 
rations, dchangeait aux Comediens contre une entrde a vie. (Voir J .-J . Guiffrey, les Caf- 
fieri, p. 35o et suiv.) Une terre cuite du buste, de grandeur legerement rdduite et avec 
diminution de la draperie, figure au Musde de Versailles. [Catalogue Soulie n° 222.) 

Voir Dacier, le Musee de la Comidie-Franqaise, p. 7. (Le buste reproduit est 
celui de Versailles.) — Monval, les Collections de la Comedie-Fran<^aise, n" 56, p. 45. 

Ces reductions en platre sans signature ni marque d'aucune sorte, mais d'une 
quality tres fine et tr^s precise, semblent provenir de I'atelier de Caffieri, qui se plaisait 
a multiplier les effigies de ses grands hommes sous toutes sortes de formes. 

Al. Lenoir possddait un platre du Buirette de Belloy (Catalogue du Musie des 
Monuments francais, an V, n°4o5) et une terre cuite du J.-B. Rousseau (ibid., n° 392), 
provenant tous deux de I'Academie franfaise. 




95 



SCULPTURES, TABLEAUX 



CLODION 

(CLAUDE MICHEL, dit) 
Nancy, lySS -|- Paris, 1814. 



95 

Deux Jeunes Femmes 
portant un plateau charge de fruits. 



I 



^0" 




Deux jeunes femmes vetues de tuniques legeres et collantes qui 
laissent les bras, la poitrine et les jambes presque entierement nus, 
soutiennent de leurs bras leves au-dessus de leurs tetes une grande 
vasque chargee de fleurs el de fruits. Elles sont comme animees d'un 
mouvement de danse lourbillonnante ires accentue. 

Stuc. 

Haut., 2 m. 3i. 

Piedestal cylindrique en stuc, avec imitation de marbre de couleur 
et applications de guirlandes de fleurs en feslons tenues par des rubans. 
Execute d'apres le modele ancien. 

Haut., 87 cent. 



Ce groupe, ainsi que le suivant, faisait partie de la decoration d'une salle a manger 
ovale eclairee par un plafond vitre, dans un hotel construit par rarchitecte Ledoux 
rue des Petites-Ecuries. Get hotel, qui porte actuellement le n" 44, ^tait assez 
voisin,sans doute, de celui qui figure dans le recueil de Krafft et Ransonnette, Nouvelle 
architecture franqaise (1801), et portait le n" 5o. Ce dernier dtait Thabitation meme de 
Ledoux; il comportait aussi un salon ovale, mais les dessins de Kraflft ne nous y 
montrent pas de sculptures. 

Les groupes de Clodion, d^crits par A. de Champeaux {I'Art decoratif dans le 
vieux Paris [1898], p. 332, pi. p. 32i), ^talent places dans des niches flanqu^es de 
colonnes de marbre ; ils etaient au nombre de quatre, mais semblables deux a deux, 
lis furent achetes avant 1898 par Emile Peyre. Deux sont passes chez M. Doucet en 
1903. Les deux autres ont ete Idgu^s au Mus6e des Arts d^coratifs, ou ils figurent. 

Voir les Arts, 1905, p. 3o, et Portefeuille des Arts decoratifs. Sculpture deco- 
rative, pi. 265. — S. Lam i, D/cftonn. des sculpt, de I'Ecole francaise, XVIII^ s., t. H, 

p. 137. 

C'est par erreur que les groupes ont ete indiques, sur la planche de I'ouvrage de 
Champeaux, ainsi que dans le Portefeuille des Arts decoratifs, comme ^tant en bois 
sculpt^. 

Voir la note du num^ro suivant. 



COLLECTION JACQUES DOUCET 



CLODION 

(CLAUDE MICHEL, dit) 







^ ^, / Deux Jeunes Femmes 
1 f)"' portant un plateau charge de fruits. 

Meme disposition que dans le groupe precedent, si ce n'est que 
I'une des femmes ne supporte le plateau que d'une main, I'autre etant 
appuyee sur le bras de sa compagne. L'une des femmes se presente 
presque entierement de dos. 

Stuc. 

Haut., 2 m. 3i. 

Piedestal cylindrique en stuc, avec imitation de marbre de couleur 
et applications de guirlandes de fleurs en festons tenues par des rubans. 
Execute d'apres le modele ancien. 

Haut., 87 cent. 

M6me provenance que le precedent auquel ce groupe sert de pendant. 

On trouve dans le catalogue de la vente Choiseul-Praslin du 18 fdvricr 1793, sous 
le no 1 98, deux groupes en stuc signal^s comme ndeux chefs-d'oeuvre des compositions 
en ce genre de M. Clodion », dont la description et les dimensions concordent exacte- 
ment avec celles des notres et qui en dtaient probablement des repetitions. Une note 
marginale indique, sur Tcxemplaire dc la bibliothfeque Doucet, que les groupes ne 
furent pas vendus « commc devant restcr a I'hdtel ». On n'cn retrouvc pas la trace, et 
Thotel de la rue de Lille a d'ailleurs disparu dans les incendics de 1871. 

Le m^me catalogue mentionne que les modeles en terre cuite et « de petite 
forme », ont 6td vendus a I'hotel de Bullion en mars 1792. C'^taient sans doute des 
terres cuitcs analogues a celle dccrite sous le n" 99 du present catalogue, laquelle 
porte la signature de Clodion. 




96 




97 



SCULPTURES, TABLEAUX 



CLODION fj 



(CLAUDE MICHEL, dit) ^ (J^ /O ^^^'^' 

97 

L'lvresse du baiser. 



"-" fffn/ 



Groupe compose d'un satyre et d'une bacchante. Le salyre est 
assis sur un tronc d'arbre auquel est accrochee sa flute, et contre lequei 
sont poses le thyrse et le tambourin de la bacchante. Celle-ci, 
dans un mouvement de tendresse passionnee, se precipite sur lui en 
lui passant les deux bras autour du cou et Tembrasse sur la bouche en 
fermant a demi les yeux. 

Signe en arriere sur un tronc d'arbre : CLODIOH (sic). 

Terre cuite. 

Haut., 55 cent. 

Socle en granit orbiculaire de Corse, a fut cylindrique sur base 
octogone en marbre blanc mculure et plaquettes de meme granit. 

Haut., 22 cent. 

Collection Becherel (vente du 26 novembre 188^, no 134). Puis collection Henri 
Rochefort. ,^ ^00'^ 

Ce groupe n'est pas sans rapport avec le Baiser du Satyre reproduit dans Thirion, 
les Adam et les Clodion, p. 241. Mais la composition en est beaucoup plus particu- 
liere et moins conventionnelle. II est de plus, comme souplesse d'execution, d'une 
qualite tout a fait exceptionnelle. 

Une terre cuite analogue, mais avec variantes (la bacchante detourne legerement 
la tete comme si elle fuyait le baiser du satyre), a ete publiee dans les Tresors d'art en 
Russie comme appartenant aux collections de I'empereur Alexandre III, au palais 
d'Anitchkoff. 



COLLECTION JACQUES DOUCET 



0"" 



V^' 



CLODION 

[CLAUDE MICHEL, dit) 



IG 98 

V ) 

^ iP^ Vlvresse du vin. 

1/' 



Groupe compose d'un satyre et d'une bacchante. Le satyre est 
assis sur un rocher, au pied duquel est pose le tambourin de la 
bacchante rempli de raisins. II est a demi renverse en arriere, appuye 
du bras gauche sur le rocher, tandis que la bacchante, qu'il tient 
enlacee du bras droit, se penche sur lui, a califourchon sur sa cuisse 
gauche, et lui verse dans la bouche le contenu d'une coupe qu'elle 
leve de la main gauche. 

Signe au revers sur le rocher : CLODION. 

Terre cuite. 

Haut., 59 cent. 

Socle cylindrique en porphyre vert, borde d'un tore de lauriers en 
marbre blanc. 

Haut., 16 cent. 

Ancienne collection Horace de Gunsbourg. 

Ce groupe, quoique n'ayant pas la m^me provenance que le pr^c^dent, constitue 
en quelque sorte son pendant. II est d'une qualite identique. Plus mouvement^, plus 
en dehors peut-etre, j'allure de course de ia bacchante y rappelle mainte figure 
c^lebre du maitre. 




98 




99 



SCULPTURES, TABLEAUX 



CLODION ^ 



9, 



(CLAUDE MICHEL, dit) 

99 

Deux Jeunes Femmes soutenant 
une sphere. 

Ce petit groupe offre exactement la meme composition, k quelques 
variantes pres, que le n" 95. Le plateau charge de fruits est remplace 
seulement par une sphere celeste enguirlandee de fleurs, sur le cercle 
exterieur de laqueile sont representes les signes du Zodiaque. 

Signe en arriere, sur la robe d'une des femmes : CLODION. 

Terre cuite. 

Haut., 71 cent. 



Repr. dans Paul Vitry, la Collection Jacques Doucet, Sculptures {les Arts, 
septembre 1903, p. i2et 17). 






COLLECTION JACQUES DOUCET 




CLODION 

(CLAUDE MICHEL, dit) 

100 tV^^ 

Vlnnocence, 

A i^ Statuette de jeune fille, vetue d'une chemise retenue au-dessous des 

/ ^ seins, et qu'elle releve tres haut pour y enfermer deux colombes. Elle 

O^ serre contre sa poitrine les bestioles qui cherchent a s'echapper et 

regarde vers la gauche d'un air a la fois souriant et legerement effraye. 
Elle s'appuie contre un grand vase a Tantique, dont les anses sont 
formees par des serpents. 

Signee au revers, sur la plinthe : CLODION. 

Tcrre cuite. 

Haut., 47 cent. 



Socle en marbre blanc, orne d'un motif en bronze cisele et dore, 
encadrant deux medallions en biscuit, qui representent un vase de 
fleurs sur fond bleu, epoque Louis XVI. 

Haut., 8 cent.; larg., i8 cent. 



Provient du chateau de Voisenon, collection du marquis de Ligneris. 

Une statuette, reprdsentant une jeune fille dont le geste est a peu pr^s le meme que 
celui-ci, mais qui tient des fleurs et des fruits dans sa chemise, figure au Musee de 
Macon sous le nom de Pomone. Elle a ete exposee en igoo au Petit Palais, sous le 
n''472i. II en figurait une ^galement, sans doute analogue a celle de Macon, a la vente 
Tondu, en i865 (n° 3o6). 

Repr. dans les Arts, septembre 1903, p. i.^. 





100 




101 



SCULPTURES, TABLEAUX 



CLODION 

(CLAUDE MICHEr., dit) . 

101 -^ 

Projet de monument a Vacteur Larive, 

xMotif d'architecture comprenant une colonne tronquee reposant 
sur une base quadrangulaire garnie, sur ses quatre faces, de frimas et 
d'un mascaron analogue a ceux des fontaines italiennes. Une figure de 
jeune femme est debout, appuyee centre la colonne sur la gauche, un 
pied sur la base de celle-ci, un pied sur le piedestal, dans une attitude 
assez mouvementee. Elle tient de la main gauche une banderole cou- 
verte d'inscriptions simulees et trace de la droite, sur la colonne, une 
inscription ainsi concue : 

Ce Jils de Melpomene en respire lajlamme; 
II a de ses heros la voix, le gesie et I'dme. 

A droite de la colonne, un genie dispose symetriquement, suppor- 
tait un medallion ou un accessoire, qui a disparu. II est possible aussi 
qu'il y ait eu autrefois sur le sommet de la colonne un buste de Larive; 
on y a place un petit buste de femme par Marin, en terre cuite, avec 
piedouche en bois. 

Terre cuite. 

Socle en bois dore. 

Hauteur du monument, 43 cent. 
Hauteur du buste, 16 cent. 

Les vers cit^s ci-dessus se retrouvent, avec la signature de Le Brun, au bas d'une 
gravure d'Augustin de Saint-Aubin, d'apres un medallion de Sauvage, qui represente 
I'acteur Larive. C'est ce qui a permis de retrouver le sensde ce petit monument. II parait 
avoir ete execute entre 1780 et 1789, au plus beau moment de la carriere du tragedien 
qui venait de succeder a Lekain dans la faveur du public et n'avait pas encore vu se 
lever la gloire de Talma, qui devait eclipser la sienne. C'est de ce moment que date 
son buste en Brutus, execute par Houdon (Salon de 1785), dont Taccent justifie tout 
a fait la legende du monument. On pent supposer que c'est pour accompagner une 
reduction de ce buste que Clodion avait execute ce projet de monument. 

II est a remarquer que la gravure de Saint-Aubin a ete publide une autre fois avec 
des vers de Duviquet qui paraissent posterieurs. Cette seconde edition est seule men- 
tionnee d'ailleurs dans le catalogue de Tceuvre de Saint-Aubin par Bocher (n° i 19). Le 
meme portrait, mais interpret^ par le graveur Duflos, se retrouve encore avec une 
troisieme legende qui parait faire allusion aux deboires que Larive eprouva vers la fin 
de sa carriere. 

Repr. dans les Arts, septembre 190?, p. 10. — Lami, Dictionnaire des sculpteurs 
francais du XVI 11^ siecle, t. II, p. 157. 

3 



,o COLLECTION JACQUES DOUCET 



CLODION 

(CLAUDE MICHEL, dit) 
^ t/^ 102 

Projet de frise. 



'J) 



k 



Bas-relief representant deux sphinx afFrontes, separes par une 
cassolette fumante, et supportant chacun un petit satyre ail^ qui tient 
devant lui un plateau garni de fruits. Les queues des sphinx se continuent 
en rinceaux garnis de feuillages et termines, a droite par une rosace, k 
gauche par un dauphin. 

Terre cuite avec patine rougeatre dans les fonds. 

Haut., 14 cent.; larg., 57 cent. 

Ce motif se retrouvait dans une frise de stuc d^corant la salle a manger de I'hotel 
de la rue des Petites-Ecuries (voir le n° gS), qui a ete reproduite dans le vestibule 
de I'hotel de M. Doucet, rue Spontini. 

Repr. dans les Arts^ septembre 1903, p. 2. 



CLODION 

(ATTRIBU^ A) 

io3 

. ^0 Jeune Femme dansant. 

Statuette representant une jeune femme qui danse, la jambe droite 
levee ct portee en avant. Elle est vctue d'une tunique fendue qui est 
retenue sur Tepaule droite et ddcouvre le sein gauche. La main gauche 
pcndante tient un tambourin ; un enfant nu s'accroche k la main droite 
et suit le mouvement, tout en serrant contre lui une grappe de raisin. 

Terre cuite. 

Haut , 21 cent 
Cettc jolic statuette provicnt d'une collection particuli^re de Semur 




102 




103 




o 



SCULPTURES, TABLEAUX ir 



CLODION 

(ATTRIBUE A) 
104 

Enfant s jouant avec un bouc. C/CCO 

Bas-relief traite en esquisse tres vive, representant une sorte de 
fantaisie sur le theme du triomphe de Bacchus. Un gros enfant, tenant 
une coupe a la main, est monte a califourchon sur un bouc que tirent 
ou poussent six autres marmots couronnes de pampres comme lui et 
portant des thyrses. L'un d'eux est tombe sur le dos, au premier plan. 

Date a gauche, en bas : I'jjg. 

Terre cuite. 

Haut., 16 cent.; larg., 25 cent. 
Cadre en bois done, de style Louis XVL 

Au Salon de 1779, Clodion exposa trois bas-reliefs en terre cuite sous le meme 
num^ro (243). II est possible que celui-ci ait fait partie de la sdrie. 



CLODION 

(ATTRIBUE A) 

io5 

Nymphes et Satyres. 

Deux bas-reliefs representant chacun une nymphe, un satyre et un 
petit satyreau. Dans Tun, la nymphe et le satyre enlaces s'embrassent 
eperdument, tandis que le petit satyreau, couche sur le ventre, fourrage 
dans une corbeille de fruits. Dans Tautre, la nymphe est couchee sur 
le dos, dans une position tres abandonnee, la tete sur les genoux du 
satyre, qui lui presse dans la bouche le jus d'une grappe de raisin. Le 
petit satyreau dort a cote, Tair ivre-mort. 

Terre cuite en tres leger relief; presque toute la composition est 
exprimee par des traits a la pointe. 

Haut., 12 cent.; larg., 17 cent. 

Sujets tres habituels a Clodion; le second surtout se rencontre dans plusieurs 
groupes qui passerent en vente, soit au xvin« siecle (vente de Senneville, 1780; vente 
Dubois, 1784), soit au xix« siecle (vente Thibon, 1875, et vente Beurdeley, 1882). Voir 
Thirion, les Adam et le" Clodion, p. 393, 396, 409, 41 i . 



c) 



12 COLLECTION JACQUES DOUCET 



COUSTOU 

(GUILLAUME) 
Lyon, 1677-;- Pans, 1746. 



A) 



0^ :f06 



S 



Le Khone, 



La figure du fleuve barbu, couronne de plantes aquatiques, est 
assise, a demi couchee, appuyee sur un lion symbolique qui pose lui- 
meme la patte sur un poisson. Le fleuve regarde vers le haut. La main 
droite esquisse une sorte de geste d'etonnement, la main gauche est 
appuyee sur une rame. Une touflfe de roseaux parait derriere lui. 

Bronze patine brune. 

Haut., 40 cent.; larg., 55 cent. 

Socle plaque d'ebene et garni de bronze. 

Haut., 16 cent.; larg., 61 cent. 

Provient d'un descendant de I'artiste. 

Module de la statue placde en pendant avec la Saone de Nicolas Coustou au pied de 
la statue ^questre de Louis XIV, par Desjardins, sur la place Bellecour a Lyon (1720). 
Les deux fleuves sont aujourd'hui dans le vestibule de Thotel de ville de Lyon. 

Cette reduction en bronze figure dans le portrait de Guillaume Coustou peint par 
De Lyen pour rAcaddmie de peinture et sculpture, aujourd'hui au Louvre (n" 219 du 
Catalogue sommaire des peintures) et grav^ par Larmessin en 1730. II taut remarquer, 
toutefois, que la planche de Larmessin ne comporte pas cet accessoire. 

Deux figures de fleuves, repr^sentant le Rhone et la Saone, passerent en vente 
en 1785, avec les collections d'un marchand orftvre, nomm^ Dubois (n" i53). La 
description donn^e par le catalogue offre quelque difference dans les accessoires. Mais 
il y a bien des chances pour que ces deux bronzes aient et^ aussi deux traductions, 
pcut-fiire lcg6rement modifices, des modules des frc;res Coustou. 

Repr. dans les Arts, septembre 190?, p. 7. 




106 




107 



SCULPTURES, TABLEAUX i3 



COYZEVOX 

(CHARLES-ANTOINE) i' 

Lyon, 1640 -J- Paris, 1720. / K^ ^ 

io7 

Buste de Francois- Jules du VauceL 

Le buste, coupe a la naissance des epaules, est vetu d'une che- 
mise ouverte et garnie de dentelles, avec une legere draperie sur 
Tepaule gauche. La tete, tournee de trois-quarts a droite, porte une 
haute perruque bouclee. 

Marbre. 

Haut., 75 cent. 



Ce buste provient du chateau de la Norville, pres d'Arpajon, qui appartenait au 
xviii* siecic a la famille du VauceL 

Le bustede Mi^eduVaucel^formant pendant et date de i7i2,estdecritau n° suivant. 

Fran9ois-Jules du Vaucel, seigneur de la Norville et de Mondonville (1672-1739), 
etait originaire d'Evreux ; fils d'un fabricant d'etoffes de laine, il occupa differents 
emplois avant d'etre nomme fermier general en 1721 et payeur des rentes de I'Hotel 
de Ville, en 1728. On le retrouve, un peu vieilli et epaissi, dans un portrait de Largil- 
liere, date de 1724, au Musee du Louvre (ancienne collection Lacaze, n° 484 du 
Catalogue sommaire des peintures). 

Comme coupe et comme presentation, sinon comme caractere, ce buste n'est pas 
sans rapport avec les effigies de Robert de Cotte et d'Antoine Coypel, qui sont a peu 
pres contemporaines. 

Repr. dans les Arts, septenibre 1903, p. 6 et 9. — Lami. Dictionnaire des sculp- 
teurs de I'Ecole francaise. Regne de Louis XIV, p. i33. 



H COLLECTION JACQUES DOUCET 



COYZEVOX 

fCHARLES-ANTOINE) 



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Buste de Madame du VauceL 



Le buste, coupe a la naissance des epaules et sous les seins, est vetu 
d'une sorte de chemise avec ornements brodes et garniture de dentelle. 
Aucune draperie ne i'amplifie. La coiffure, arrangee un peu a Tantique, 
comporte deux longues meches, dont Tune nattee, retombant sur les 
epaules. 

Signe sur la tranche, a gauche : A. Coyievox, ij 12. 

Marbre. 



Pendant du precedent. Meme provenance. 

Fran(;ois-Jules du Vaucel avait epouse, le 9 juillet 1710, Renee Taboureau, fille de 
Louis, seigneur des Reaux, receveur gdn^ral d'Angoumois. Elle mourut en 1727. 

Une certaine parent^ est a souligner entre ce busie et celui de la duchesse de 
Bourgogne, a Versailles. II est a remarquer aussi que la personne qui prend quelque 
peu ici les allures d'une Diane antique, reparaitpeut-etre encore sous les traits de Diane, 
peinte par Largilliere douze ans plus tard, dans le portrait de la collection Lacaze 
qui fait pendant a celui prcc6demmenic\t6 [Catalogue sommaire des peinturesde t'Ecole 
francaisc, n° ^85) ; mais Tidentification est ici moins certaine que dans le cas precedent. 




108 





109 



SCULPTURES, TABLEAUX i5 



DE LA RUE 

(LOUIS-FELIX) 
Paris, 173 1 t Paris, 1763. C^ ^ / ^ 

Deux vases decoratifs : VEte et VHiver. 

Les deux vases, de forme basse, sont ornes sur la panse, Tun, de 
guirlandes d'epis, Tautre, de frimas. Sur le sommet ils portent, le pre- 
mier un bouquet de ble, le second un foyer de bois mort. Deux enfanls 
a demi couches sur le dos, les couronnent tous deux; les uns rient en .^ p. ^^^^ 

en passant la main dans les epis; les autres grelottent, pleurnichent \j ( 

et se chauffent au foyer. \f 

Terre cuite. 

Haut., 35 cent.. 

Les vases sont supportes par deux gaines en bois sculpte, peint et 
dore, decorees d'entrelacs et de cannelures rudentees et garnies de guir- 
landes formees, les unes de roses et de marguerites, les autres de feuilles 
de vigne et de raisins, 

Haut., I metre. 

Ges deux ensembles decoratifs ont passe en i777alavente Randon de Boisset 
(n° 271). lis avaient figure en 1762 avec deux autres motifs figurant le Printemps et 
I'Automne, au Salon de I'Academie de Saint-Luc, dont faisait partie de La Rue. lis 
appartenaient alors au cabinet de M. Lalive de Jully, introducteur des ambassadeurs, 
el figurent au catalogue de son cabinet, redige par lui en 1 764 (p. 67), et au catalogue 
de sa vente, en 1 770 (n° 200). 

Le Printemps et VAutomne appartiennent aujourd'hui a M. de La Riboisiere. 

Exposition de Marie-Antoinette et de son temps (Paris, 1894), n" 276. 

Repr. dans de Champeaux. Portefeuille des arts decoratifs, pi. 53o, et dans Les 
.<4r/.s (septembre igo3), p. 19. 

Enfants jouant avec une chevre. 

Trois enfants nus s'amusent avec une chevre qui se cabre ; Tun 
d'eux a roule a terre. L'ensemble forme un groupe pyramidant. 
Terre cuite. 

Haut., 3 1 cent. 

L'attribution est fondle a la fois sur la ressemblance avec les enfants des vases qui 
constituent le num^ro precedent, avec ceux que de La Rue executa pour Sevres, et aussi 
sur ce fait qu'un groupe correspondant a cette description et de meme taille passa a 
plusicurs reprises en vente au xvin« siecle (ventes Lempereur, 177^^ n" 1216 ; Randon 
de Boisset, 1777, n° 273; Lebrun, 1791, n° 356i. Le sujet etait du reste tres habituel a 
I'artiste, qui I'a traite maintes fois pour la terre cuite et le biscuit. 



i6 COLLECTION JACQUES DOUCET 



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GODECHARLE 

(GILLES-LAMBERT) 
Bruxelles, lySo f Bruxelles, i835. 

Ill 

La Musique. 



Statue d'une jeune femme debout, appuyee sur une colonne placee 
a sa droite. EUe est vetue a I'antique d'une tunique collante, les bras 
nus, les pieds chausses de sandales, Elle porte une lyre sous le bras 
gauche et tient un crayon dans la main droite. A ses pieds, divers 
instruments de musique. 

Signeenarriere, sur la base de la colonne : Godech[a]tie inv^f^ i8o5. 

Pierre peinte. 

Haut., I m. 65. 

Socle cylindrique en bois sculpte peint gris, a guirlandes de fleurs. 

Haut., 91 cent. 



Cette figure all^gorique de la musique, dont la tete est certainement un portrait, 
a pass^ pour representer les traits d'une actrice, M""= de Saint-Aubin. Mais on peut aussi 
^trefrappe de sa ressemblance avec un buste conserve au mus^e de Bruxelles (n° 169), 
et qui represente la femme du sculpteur Godecharle. C'est une des oeuvres les plus 
personnclles dc cet artiste qui, au cours de sa feconde carriere, a tant imite de sculp- 
tures italiennes et surtout fran^aises. 

Voir H. Hymans, Catalogue des sculptures du musee de Bruxelles, 2« Edition, 
191 1, p. ?o-35. — Marchal, la Sculpture et I'or/evrerie beiges, p. 616-619. — Les Arts, 
scptembre, 1903, p. 16-19. 



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1 1 1 




1 12 



SCULPTURES, TABLEAUX 17 



HOUDON 

(JEAN-ANTOINE) 
Versailles, 1741 -i- Paris, 1828. y • 



^C^ 



112 



Buste d'un magistrat. 

Le buste, tres ample, est coupe au-dessous des epaules. Le per- 
sonnage porte la robe et le rabat, sans aucun insigne particulier. Sa 
vaste perruque relombe sur les epaules. La tete, tournee legerement 
vers la droite, est animee et spirituelle, le regard vif, le sourire aigu. 

Signe sous Tepaule droite : Houdon f. ij8j. 

Marbre. 

Haut., 81 cent. 



L'identification de ce buste n'a pu etre faite de fa9on certaine. Aucun des bustes 
exposes au Salon de 1787 ne correspond a celui-ci. Parmi ceux qui figuraient au Salon 
de 1785, en platre, et dont le marbre put etre execute posterieurement, on a pense 
tout d'abord a Lepelletier de Morfontaine, prevot des marchands de Paris. Mais aucun 
portrait conserve ne permet de confirmer cette identification. La ressemblance que 
Ton avait cru apercevoir avec les traits de M. de Sartine, ancien lieutenant de police 
et ministre d'Etat, avait amene a inscrire ce nom au-dessous de la reproduction 
publiee par les Arts (septembre igoS, p. 4 et 12). Ce ne sont la que des hypotheses, 
insuffisantes pour d^voiler Tanonymat du beau portrait sculpte par Houdon, et qui, 
cependant, pourront aider a decouvrir le personnage. 

Ce buste a figur^ a I'Exposition de Cent Pastels du xviu* siecle, 1908, n° i25. 

Repr. dans les Arts, igo8, n" 82, p. 2. — Voir Bulletin de la Societe de I'his- 
toire de I'artfrancais, 1908, p. 167-168. 



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i8 COLLECTION JACQUES DOUCET 




f1 



HOUDON 

(JEAN-ANTOINE) 

11 3 

Buste de Sabine Houdon 
d Vdge de dix mois. 

Petit buste d'enfant aux cheveux courts, les epaules et la poitrine 
,a) nues, la tete legerement tournee vers la droite. 

(/ Au revers, est gravee Tinscription : Satinet Houdon, ijSS. 

Marbre. 

j/""^ Piedouche en marbre bleu turquin. 

\\ ^J^ Haut., 34 cent. 



1 



Houdon s'dtait marid en 1786. Sa premiere fille, Sabine, dont il devait plus tard 
faire le celebre buste aux cheveux frisks, naquit le 6 mars 1787. C'est dans ie courant 
de Thiver suivant que son pere dut exdcuter d'apres sa bonne grosse tete ronde de bdbe 
aux joues fermes, aux cheveux plats, ce petit buste en marbre au revers duquel il ins- 
crivii I'inscription qui souligne malicieusement Failure masculine de la figure. II 
I'exposa au Salon de 1789, sous la mention: Tete d'enfant d I'dge de dix mots, petite 
proportion. Le buste <!tait restd jusqu'il y a sept ou huit ans dans la famille meme de 
Sabine Houdon, qui dpousa un nommd Henri Duval. II est passd directement dans la 
collection de M. Doucet. 

Un exemplaire en platre portant le cachet de Tatelier de Houdon a figurd dans 
la vente Pierre Decourcelle, 1910. 

Repr.dans P. Vitiy, Houdon portraitiste de sa femme et de ses enfants. — Revue 
de I'art ancien et moderne, mai 1906, p. 343, 346-8. 




113 



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1 14 



SCULPTURES, TABLEAUX 19 



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HOUDON «^ 

(JEAN-ANTOINE) 







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114 

Buste de Claudine Houdon. 



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Buste d'enfanl drape dans un petit fichu qui enveloppe les epaules 
et se croise sur la poitrine. La tete aux cheveux plats est legerement 
levee et tournee vers la droite. 

Plalre. 

Haul., 39 cent. 



Claudine Houdon, la troisieme fille du sculpteur, qui epousa plus tard le critique 
et archdologue Raoul Rochette, etait nee en 1790. C'est elle que Houdon a representee 
dans ce petit buste non date, mais qui semble avoir ete expose au Salon de 1791, sous 
la rubrique vague : Tete d'enfant. 

Les differentes branches de la famille Houdon en possedaient plusieurs exemplaires ; 
mais il ne semble pas qu'aucun marbre en ait jamais ete execute. La branche ainee, la 
famille Duval, en possedait jusqu'a ces dernieres annees une terre cuite. M""" Lauth- 
Sand, qui est rarriere-petite-fille de Claudine Houdon, en possede encore un platre. 
II en est pass^ un a la vente Decourcelle, dont nous ignorons la provenance. Celui-ci 
provient de M. Raoul Perrin, qui etait par sa mere petit-fils de Claudine Houdon. 

Repr. dans P. Vitry, Houdon portraitiste de sa femme et de ses en/ants. — Revue 
de I'artancien et moderne, Mai 1906, p. 35c-35i. 



lo COLLECTION JACQUES DOUCET 

HOUDON 

(JEAN-ANTOINE) 

11 5 



9' 



"W Medaillon d'une femme 
et d'unejeune fille. 



Ce medaillon presente les deux profils superposes, tournes vers la 
droite, d'une femme agee d^une trentaine d'annees et d'une jeune fille 
d'une dizaine d'annees. La toilette sans apprets, la coiffure tres simple 
d6notent un milieu assez modeste et une oeuvre d'intimite. 

Signe sous la tranche : Houdon f. an 7. 

Terre cuite. 

Diam., 43 cent. 

Ce double portrait a passe pour representer la femme et la fille de Houdon et a ete public 
dans les Arts, septembre 1903, p. 14, sous cette denomination, qui a ete reconnue inexacte 
lors de la production du buste de M"" Houdon, entre au Louvre en iqoS. Si la jeune fille, a 
la rigueur, pourrait, comme age et comme qualite de traits, passer pour representer Sabine, 
agee a ce moment d'une douzaine d'annees, il faudrait supposer une transformation et un 
alourdissement bien complet du visage de sa mere pour reconnaitre ici le visage elegant et 
delicat du buste du Louvre que Ton peut penser avoir ete execute en 1 787. Est-ce quelque autre 
personne de la famille du sculpteur? Serait-ce sa belle-sceur, la femme du citoyen Houdon le 
jeune, pour laquelle il executa, vers le meme temps, le portrait de I'un de ses enfants, expose 
au Salon de I'an IX ? 

HOUDON 

(ATELIER DE) 

\^l^ Statuette de Voltaire as sis. 

Le philosophe, drape a Tantique, est assis dans un fauteuil, la tete 
ceinte d'une bandelette, dans I'attitude celebre de la statue de marbre 
de la Comedie-Francaise. Toutefois la main gauche, au lieu d'etre 
posee sur le bras du fauieuil, est ramenee sur le corps. 

Terre cuite. 

Haut., 35 cent. 

II est k remarquer que la variante de la main gauche se retrouve dans diverses reduc- 
tions, en marbre, en bronze et en pldtre, qui furent faites par Houdon lui-meme, pour satis- 
faire des amis et desadmirateurs du philosophe. L'une d'elles, en bronze dore, appartient aux 
collections de I'Ermitage ; une autre, en terre cuite, au musee municipal de Versailles ; une 
autre, enfin, en platre, figure au musee du Louvre, avec le cachet de I'atelier de Houdon. 
II n'est pas probable qu'il faille voir dans cette terre cuite autre chose qu'une reduction de ce 
genre, ex^cutee apres coup par Houdon lui-meme, ou dans son atelier, sous sa direction. 

Voir Mangeant, Sur une statuette de Voltaire par Houdon. Reunion des Soci^tes des 
Beaux-Arts des d^partements, t. XX (1896), p. 461-470. 




1 15 



I 




1 17 



SCULPTURES, TABLEAUX 



21 



L 

I 



LEMOYNE 

(JEAN-BAPTISTE) 
Paris, 1704 f Paris, 1778. 

/ 



ii7 ^ V 

Buste de Robbe de Beauveset. 

Le buste est coupe a la naissance des epaules. Le personnage est 
vetu d'une chemise tres simple dont le col est largement ouvert. La tete 
est tournee franchement de trois-quarts a droite. La bouche est legere- 
ment ouverte et toute la physionomie animee, comme en action. Les 
cheveux boucles sont courts, au naturel. 

Terre cuite d'un ton rougeatre assez fonce. 

Piedouche en marbre brun. 

Haut., 58 cent. 
Collection Alexandre Dumas fils (Vente Mars 1896, n» i55). ^ x^*. a 

Ce buste, entre, en 1896, sans indication de provenance ni d'auteur, chiez M. Dou- 
cet, a et^ public dans les Arts, en 1903, comme attribue a Pigalle et representant sans 
doute un homme de lettres ou un acteur. On y reconnaissait une certaine analogic avec 
le buste de Desfriches, par Pigalle, au musee d'Orleans. Or, il s'est trouve que des 
recherches plus recentes et, notamment, la comparaison avec un pastel de Perronneau, 
du musee d'Orleans, et un dessin de Pujos, appartenant a M. Mahon, a Orleans, ont 
permis d'affirmer qu'il s'agissait ici de I'effigie d'un neveu de Desfriches, Pierre-Honore 
Robbe de Beauveset (ne en 1712 -J- 1792), auteur de poemes et contes licencieux, d'une 
Satire sur le gout et d'un poeme en six chants, intitule : les Victimes du despotisme 
episcopal (1792). II fut en correspondance suivie avec Desfriches, et quelques-unes de 
ses lettres, qui ont trait a Tattentat de Damiens, ont ete publi^es en 1875 par M. Georges 
d'Heylli. La correspondance le sera sons doute un Jour tout entiere par M. Ratouis de 
Limay, a qui elle appartient. 

On y trouve en particulier des indications curieuses sur ce portrait; il appartint a 
Desfriches, lequel le mentionne, en 1778, dans un inventaire de ses collections; mais 
il ne figure pas cependant dans la vente qui en fut faite en 1834. Le buste fut execute 
en 1765 et expose au Salon de cette annee. Robbe ecrit a ce propos a son oncle : « J'ai 
dte voir ces jours cy aux galeries notre ami M. le Moine, qui m'a fait voir ma figure 
sortant du four. Falconet, qui s'y est trouve, est tombe en extase a Taspect de ce qu'il 
appelle le chef-d'oeuvre de M. le Moine... » Ailleurs, il parle d'un ami qui avait ^te 
chez Lemoyne « pour y voir reciter des vers a I'argile dont il m'a forme ». Nul doute 
qu'il ne s'agisse du portrait enaction que nous presentons ici. 

Voir la communication de M. Paul Ratouis de Limay a la Societe de I'histoire de 
I'artfrancais, i"f^vrier 19 12. 

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4^ 



22 COLLECTION JACQUES DOUCET 



LEMOYNE 

(JEAN-BAPTISTE) 



Buste du marechal de Saxe. 



1 



Le buste, coupe a la naissance des epaules, porte une indication de 
cuirasse, de grand cordon et de manteau, une cravate nouee autour du 
cou. La tele est tournee vers la droite, la bouche serree, les yeux vifs. 
Les cheveux forment perruque, reunis en arriere par un ruban. 

Terre cuite d'un ton rose clair. 

Piedouche en marbre breche d'Alep. 

Haut., 56 cent. 
Collection du baron de Schwit^j: (vente i886, avec attribution a Pigalle), puis 
. ^©Jection Goldschmidt (vente 1898). ; \^*i^^ -v A-yv? 

Maurice de Saxe mourut en ijSo. Pigalle ne fut charge de Terection de son 
monument pour Feglise Saint-Thomas de Strasbourg qu'en 1756. II ne le termina 
qu'en 1776, et c'est encore plus tard, et sans doute d'apies son modele de la figure du 
mardchal, que Mouchy fut charge d'executer, en 1778, le buste en marbre qui est au 
Louvre aujourd'hui (cf. Rocheblave, le Mausolee du marechal de Saxe, Paris, 1901 ; 
Furcy-Raynaud, Inventaire des sculptures executees au XVIII" siecle pour la direc- 
tion generale des Bdtiments, 191 1, page loi). II ne peut, au contraire, s'agir ici, 
d'apres le caractere du buste, ni d'une repetition de I'oeuvre de Pigalle, ni d'une dtude 
de ce maitre. C'est a la maniere de J.-B. Lemoyne que fait penser immediatement cettc 
terre cuite, de meme qu'une autre terre cuite representant le marechal de Lowendal 
qui appartient a M. le marquis de Biron, et qui faisait pendant jadis dans la collection 
du baron de Schwiter a noire Maurice de Saxe. Celui-ci passa ensuite dans la collec- 
tion Goldschmidt, a la vente de laquelle M. Doucet I'acquit en 189^!. 

Or, si J.-B. Lemoyne a bien exposd le buste de Lowendal en 1750 (c'est tres proba- 
blement le buste qui est aujourd'hui au muscc Saint-Jean, a Angers), il n'a pas expose 
de Maurice de Saxe. Mais Dandre Bardon, dans son Eloge de I'artiste (p. 47). dnumd- 
rant les principaux personnages qui ont pose devant lui, cite cote a cote « les Maurice, 
les Lowendal », et, d'autre part, dans le catalogue de la vente de I'artiste, en 1778, le 
n° 116 comprend « diff^rents busies de grands hommes, tels que J. -J. Rousseau, 
Louis XIV, le marechal de Saxe ». 

Voir G. Bapst, Bulletin de la Societe des Antiquaires de France, 1900, p. 2-5. 
— Paul Vitry, ibid., p. 287. — Les Arts, igoB, p. 8-9. 



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118 




1 10 



SCULPTURES, TABLEAUX i3 



MARCHAND 

(DANIEL-FRANCOIS) 

Ne a Avesnes en 1736. 



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119 

Buste de Loiseau de Mauleon. 

Buste d'homme, de face, les yeux legerement tournes vers la droite, 
les epaules et la poitrine enveloppes dans une draperie decorative qui 
ne laisse voir que la cravate et un rabat de dentelle. 

Au revers, on lit : 

ALEXANDRE 

lEROME 

LOISEAU DE MAULEON 

1772 Marchand J. 

Marbre. 

Haut., 74 cent. 



L'auteur de ce buste, dont le Dictionnaire de M. Lami ne donne ni les prdnoms, 
ni les date et lieu de naissance, n'est gueie connu que par son inscription parmi les 
eleves de I'Academie (registres manuscrits de I'dcole des Beaux-Arts), en 1758, 1765 et 
1769 et par son exposition au Salon de la Correspondance, en )779;il se dit alors 
elfeve de Boizot, habite a Paris, rue Poissonniere, et donne trois bustes en marbre : 
un Henri IV, un Voltaire, d'apres Houdon, et une Petite Boudeuse. 

Quant au modele, avocat au Parlement de Paris, on salt qu'il fut lie avec Voltaire 
et quel role il tint dans le proces de rehabilitation des Galas. II venait de mourir en 1 77 1 , 
age de quarante-trois ans a peine, quand le buste fut execute. 

Voir Revue universelle des arts, t. XX (i865), p. 4-25, et Lami, Dictionnaire des 
Sculpteurs franqais du XVIII' siecle, t. II, p. io3. 



24 COLLECTION JACQUES DOUCET 



ROETTIERS 

GHARLES-NORBERT) 

Paris, 1720 -[- Paris, 1772. 



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120 

Medallion du roi Louis XV. 

Medallion ovale avec la tete du rol, de profil a gauche, couronnee 
de lauriers par-dessus des cheveux abondants et boucles. Aucune Indi- 
cation de costume. 

Sous la tranche du cou, on lit : F' iV*^'' Roettiers, ijdo. 

Marbre. 

Haut., 5o cent.; larg., "i-j cent. 

Cadre en bols dore, tenu par un flot de rubans et decore d'une 
sorte de grecque. 



L'auteur de ce m^daillon appartenait a la celebre fannille des graveurs en medailles, 
Anversois d'origine, qui occuperent de pere en fils, sous Louis XV, la charge de gra- 
veur general desmonnaies de France etdontle plus connu est Joseph-Charles Roettiers 
(1692- 1 779). Charles-Norbert, son fils, re^u academicien en 1764, fut graveur general 
des monnaies de France, de 1753 a 1772, comme son pere et comme son parrain, Nor- 
bert Roettiers [\ 1727). Le profil donne par notre medaillon est identique, a tres peu 
de chose prfes, a celui dont 11 fournit le module en 1 754 pour la mddaille commdniorant 
la pose de la premiere pierre du pi^dcstal de la statue dquestre du roi drigde sur la place 
Louis XV. 

II existe, dans les collections du musee du Louvre, une rdp^tition de ce medaillon 
en bronze et non signde. 

On rcll've, dans un catalogue de vente, illustrc de croquis par Gabriel de Saint- 
Aubin, que possfede M. Doucet, la vente du peintre Gros, en avril 1778, un dessin 
accompagnant le n° 88 et reprdsentant un medallion en marbre de Louis XV par Roet- 
tiers; mais le profil du roi, bien qu'analogue a celui-ci, y est tourne dans le sens 
inverse. II correspond a un autre type, vieilli, donn^ par Roettiers a partir de 1770. 

Voir A.Av\t\\t, Les Roettiers. Reunion des Societ4s des Beaux-Arts des diparte- 
ments (1888). — Les Arts, septembre 1903, p. i, 7 et8. 




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120 




121 



SCULPTURES, TABLEAUX 25 



ROLAND 

(PHILIPPE-LAURENT) j 

Pont-a-Marc, 1746 x Paris, 1816. \ ^/ \^^ 



121 

Buste de Denis-Sebastien Le Roy. ) 

Buste de jeune homme coupe au-dessous des epaules ; I'habit et la 
chemise, largement ouverts, laissent voir le cou et la poitrine. La tete 
se presente de trois quarts a droite et legeremeni levee. Cheveux longs 
et boucles, separes par une raie sur le milieu de la tete. 

Signe dans le dos : Roland f., an V. 

Terre cuite. 

Piedouche en bois. 

Haut , 64 cent. 



Ce buste represente un jeune artiste eleve du peintre Peyron, dont on connait un 
tableau, d'ailleurs assez mediocre, au Musee du Mans, qui represente les Adieux 
d'Ariane et de Thesee. On ignore les circonstances dans lesquelles le buste a pu etre 
execute. II appartenait autrefois a M. Chesnier du Chene, a Charge (Indre-et-Loire), 
et a figure en 1890 a I'Exposition retrospective de Tours. 

Repr. dans Palustre, Album de I'Exposition retrospective de Tours, 1 890, pl. XXII, 
p. 43-44, et dans Les Arts, septembre 190?, p. i5. — Voir Lami, Dicti'^nnaire des 
sculpteurs franca's, XVIJI' siecle, t. II, p. 3oi. 



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26 COLLECTION JACQUES DOUCET 



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ri U (LOUIS-CLAUDE) 

? Paris, 1716 T Paris, 1772. 



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122 



Buste d' enfant. 



Buste d'un tout jeune enfant aux cheveux courts, coupe au-dessous 
des epaules. L'enfant est nu, sauf un petit fichu qui lui passe sur le 
sommet de la tete, se noue sur la gorge et vient repasser par derriere sur 
I'epaule droite, en laissant la nuque a decouvert. 

Signe : Vasse f. lySy. 

Marbre. 

Haut., 44 cent. 



Ce buste a tigur^ dans une venle Aranc de Presle, en avril 1792, puis dans la vente 
du citoyen Robit, en mai 1801, en pendant avec un jeune gar^on riant, la tete cou- 
verte d'un mouchoir. On ne pent en designer malheureusement le modele. Vasse a 
execute plusieurs autres bustes d'enfants tres charmants aussi et bien anterieurs aux 
celebres figures de Houdon. II y en a un dat^ de 1763 chez M. Paul Lebaudy, un 
autre de 1 767 chez M. Paul Desmarais. Mais celui-ci est un des premiers de tous et des 
plus exquis. 

Voir les Arts, septembre igo?, p. 18. — Lami, Dictionnaire des sculpteurs fran- 
qais, XVIIl' Steele, t. II, p. 376. 




1 22 




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1 23 



SCULPTURES, TABLEAUX 27 



WARIN 

(JEAN) 
Liege, 1604 -j- Paris, 1672, 



123 

Buste du cardinal de Richelieu. ' 



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(J 



Le cardinal est represente dans ce grand buste decoratif vetu de 
la simarre et drape dans un grand manteau d'hermine; le cou est pris 
dans un grand col montant et boutonne dont le revers descend sur les j, 
epaules. Par dessus le manteau et par dessous le col passe le cordon 
du Saint-Esprit, dont la croix a ete arrachee. Le cardinal est coitte 
d'une calotte enfoncee sur ses cheveux longs, redresses sur le front en 
une triple meche. II porte la moustache et la barbiche. 

Bronze. 

Piedouche de marbre rose veine. 

Haut., 87 cent. 

Le modele de ce buste fut etabli par le sculpteur et medailleur Jean Warin dans les toutes 
dernieres annees de la vie du cardinal. Des textes, publics par Courajod et tires des papiers 
de la duchesse d'Aiguillon, heritiere de Richelieu, etablissent que les heritiers du cardinal 
firent executer apres sa mort six epreuves en bronze, quatre par le fondeur Hubert Lesueur et 
deux par Henri Perlan. Ges epreuves furent payees en juin et octobre 1643. On n'en suit pas 
absolument la trace, mais en admettant que I'une d'elles ait ete detruite, comme c'est probable, 
a la Revolution, on retrouve les cinq autres encore a I'heure actuelle. 

La plus celebre se trouvait a la Sorbonne et a ete gravee en avant d'une longue inscription 
funeraire, qui figurait non loin du tombeau de Richelieu. Une autre se trouvait k I'abbaye de 
Saint-Germain-des-Pres. Toutes deux furent recueillies par Alexandre Lenoir au Musee des 
Monuments fran9ais pendant la periode revolutionnaire. Mais, tandis que Lenoir gardaitcelle 
de la Sorbonne jusqu'au jour ou elle fut sans doute requisitionnee pour la fonte et supprimee 
des catalogues, il envoyait celle de Saint-Germain-des-Pres a la Bibliotheque Mazarine, ou 
elle est encore. 

II en existe encore une dans la famille de Chabrillan, heritiere des d'Aiguillon, une a 
Dresde, au Musee de I'Albertinum, une dans la collection de M^e Edouard Andre et enfin 
celle-ci, acquise il y a dix ans par M. Doucet, sans que Ton en connaisse laprovenance exacte, 
non plus que celle des deux precedentes. 

La tonalite chaude de la patine et la qualite de la fonte, qui rappellent un peu celles des 
bronzes de Sarrazin fondus par Perlan, aujourd'hui a Chantilly, ont fait penser que nous 
pouvions avoir ici une des deux epreuves du celebre fondeur. Mais il est assez difficile 
d'apporter une affirmation precise en cette matiere. 

Ce buste a figure a TExposition de Cent Pastels du xvin* siecle (1908), n<> 141. 

Voir L. Courajod, Jean Warin et ses oeuvres de sculpture, Paris, 1881. — P. Vitry. Bulletin 
de la Societe des Antiquaires de France, 1899, p. i53. — Les Arts, septembre igoS, p. i, 3-4. — 
Revue de I'art ancien et moderne, 1908, t. H, p. 22. — Bulletin de la Societe d'histoire de I'art 
frangais, 1908, p. 181-182. 



^n 1^ 



28 COLLECTION JACQUES DOUCET 



ECOLE FRANCAISE 

(ATTRIBUE A PAJOU) 
XVIII' SIECLE. 

Buste de Pierre- Joseph Laurent, 

Buste d'homme coupe aux epaules et enveloppe dans un manteau 
decoratif assez mouvemente. La chemise est ouverte avec quelques 
indications de dentelles. Sur la gauche de la poitrine pend la croix de 
Saint-Michel. La tete, tournee vers la droite, porte la perruque a la 
mode du dernier tiers du regne de Louis XV. 

Au creux du buste se lit Tinscription : Fait en i-jSo. 

Terre cuite. 

Piedouche de marbre brun veine. 

Haut., 74 cent. 



Ce buste, rest^ longtemps anonyme, a pu, grace a Tordre qu'il porte et a la date, 
etre reconnu pour celui de Tingenieur Laurent (1714-1773), dont le travail le plus 
cel^bre est la creation du canal de Saint-Quentin, et qui fut le pere de Laurent de Ville- 
deuil, controleur general des Finances. Un portrait de Fingenieur, grave au trait 
en 1788 par Pujol de Mortry, de Valenciennes, d'apres un tableau de famille et 
repris ensuite en lithographic par Duclerc (tous deux reproduits dans la Biographie 
bouchainoise, d'Arthur Leignel. Lille, igoS, in-8°, pp. iii-i53), confirment Tidentifi- 
cation. 

Nous savions de plus qu'en 1760, Laurent, alors age de quarante-six ans, sejour- 
nait a Paris. Nous savons aussi, grace a des renseignements obligeamment communi- 
ques par M. Lucien Lemaire, de Lille, que Laurent fut en rapport avec le sculpteur 
Saly, pour le transport de sa statue de Louis XV a Valenciennes. II put connaitre 
^galement Pajou, qui executa en 1761 un fleuve pour couronner des cascades qu'il avait 
installees chez Paris de Montmartel, a Brunoy. 

Quant a I'auteur du buste, la maniere ferme et precise fait penser a Pajou. Celui-ci, 
bien qu'au commencement de sa longue carri^re, appartenait deja a I'.^cad^mie, et il 
exposa mdme au Salon de 1761 deux bustes en terre cuite, malheureusement non d^si- 
gn^s, et que Ton n'a pu retrouver. II est difficile cependant, en I'absence de tout 
document, de rien affirmer a cet ^gard. 




1 24 




125 



SCULPTURES, TABLEAUX 39 



ECOLE FRANCAISE 

(D'APRES J.-B. LEMOYNE) . f ^ ^v/ 

XVIII' SIECLE. 

Buste de Voltaire. 

Buste coupe a la naissance des epaules, avec indications sommaires 
de costume et de linge. II porte la perruque longue et basse sur le front. 

Marbre. 

Sur le piedouche est inscrit : Voltaire. 

Haut., ']■] cent. 



Le philosophe est certainement beaucoup plus jeune dans ce buste que dans celui 
de Houdon ; Pigalle et Caffieri, n'ayant execute son portrait que peu de temps avant 
Houdon, doivent etre ecartes egalement. Mais on sait que J.-B. Lemoyne avait expose 
un buste de Voltaire au Salon de 1 748. Ce buste n'est plus connu aujourd'hui. Desnoi- 
resterres,dans son Iconographie vollairienne (Paris, 1879, p. 59),en deplore la dispari- 
tion. II reproduit seulement une gravure d'Augustin de Saint-Aubin, executee, suivant 
la l^gende, « d'apres le buste fait par J .-B . Lemoyne «. Or, cette gravure nous donne 
exactement le mfime type de figure que notre marbre. Celui-ci, dont la presentation 
rappelle assez celle des bustes de Lemoyne, du Fontenelle, par exemple, ne parait pas, 
cependant, d'apres son execution, pouvoir etre attribue a Lemoyne. Le sculpteur n'au- 
rait-il donn^ en 1748 qu'une terre cuite ou un platre, qui aurait ete traduit a ce 
moment ou plus tard, lors de la grande vogue du philosophe et de ses images, par 
quelque praticien ? II semble bien, en tout cas, que nous ayons la une r^plique du 
buste original de 1748 dont le sort est ignore. 



3o COLLECTION JACQUES DOUCET 



£COLE FRANCAISE 

XVIII* SIECLE. 


^ Buste d' enfant. 

Buste d'un jeune enfant, vetu d'un corsage decollete et d'un fichu 
croise sur la poitrine. II est coiffe d'un bonnet orne de rubans et de 
fleurs. II porte la tete penchce et tournee vers la droite. 

Platre patine. Haut., 41 cent. 



O^" 126 



On connait plusieurs exemplaires de ce petit buste, en platre ou en bronze. Aucun, a 
notre connaissance, n'est signe, ni identifie. Le faire, plus sec que celui de Houdon, rappelle 
davantage celui de Vasse. 

qQ Enfant jouant avec une colomhe, 

V ^ f Un enfant nu, assis, tient de la main droite une colombe a qui il 

^ 'tO vient d'attacher une lettre au cou et semble lui designer un but avec sa 

*% main gauche, dont I'index est leve. 
k 1/ Terre cuite. 

I Socle ovale, en bois peint et dore, orne d'une guirlande. 

Haut., 47 cent. 

Ce petit groupe a ete public par Lady Dilke, French architects and sculptors, p. 95, sous 
le nom de Message d'amour, par Pigalle. Cette attribution parait peu defendable. On a 
propose le nom de Cavot, qui serait plus vraisemblable, en raison de la ressemblance avec 
un groupe d'enfants du musee Wallace, mais que rien ne confirme neanmoins. 

Un exemplaire de ce groupe, en stuc,a figure, en 1787, k ia vente de M. Beaujon (n" 199), 
en pendant avec un autre enfant « occupe k lire une lettre qu'une tourterelle vient de lui 
apporter ». L'auteur n'est pas cite au catalogue. 

128 

Jeune Femme aux colombes. 

. \Ji^ Statue de jeune femme debout, vetue d'une tunique collante large- 

\ ■ ment decolletee et fendue sur la jambe gauche. Elle tient contre sa 

poitrine deux ct)lombes qui se becquetent et qu'elle regarde en souriant, 

la tete baissee vers elles. Des guirlandes de fleurs s'echappent de ses 

mains et pendent le long de son corps. 

Terra cuite. Haut., i m. 72. 

Cette figure, qui passe pour provenir du pare de Saint-Maur, a kxi attribuee au sculpteur 
Pierre Julien sans preuve ^vidente. C'est un motif gracieux de decor de jardin, dans I'esprit a 
la foJs sentimental et classique cher aux artistes du temps de Louis XVI. 




127 




129 



SCULPTURES, TABLEAUX 3( 



VASE DECORATIF 

XVIII" SIECLE. 



y tjo^^ 



Le Triomphe de Galathee. 

Vase decoratif, surle corps duquel figu rent, d'une part, une represen- 
tation de Galathee nue, assise dans une conque et tenant une echarpe ; 
de Tautre, un enfant nu, jouant avec un dauphin. Trois dauphins a la 
partie haute forment comme les anses et le bouton du couvercle. Deux 
autres dauphins, dont les corps s'enroulent Tun sur I'autre, forment 
le pied. 

Plomb. 

Haut., I m. t3. 



Ce vase a etd donne pour provenir du chateau de Crecy, mais rien ne permet de 
controler cette indication. 

On en trouve le dessin, a quelques motifs pres, comme forme et comme decor, 
dans un recueil de gravures , cit^ par Guilmard dans ses Maitres ornemanistes 
(xvine siecle, n° 3i, p. 427) et intitule : Divers Vases antiques, egyptiens, gfecs, 
romains et modernes, avec quelques-uns de I'invention de I'auteur. Leipzig, 1741. 
Le dessin se trouve a la planche 1 1, parmi ceux que I'auteur a signes de la formule 
Invenit. Or, ce recueil forme le complement d'un Essai d'une architecture histo- 
rique (non cite par Guilmard) qui est Tceuvre de Jean-Bernard Fischer von Erlach, 
lequel travaillait aux chateaux de Tempereur Joseph \", aux environs de Vienne, 
de 1696 a 1724. Son recueil de vases passa-t-il en France et ses compositions pureni- 
elles y etre utilisees comme modeles, ou le vase lui-meme fut-il fait en Autriche sous sa 
direction? Quoi qu'il en soit, c'est un specimen tres caracteristique du style rocaille 
d'une admirable virtuosity d'execution. 



32 COLLECTION JACQUES DOUCET 



BRONZES 

A XVII« SIECLE 

David lanfant sa fronde. 

Le jeune homme nu, une draperie legere h peine ceinte autour des 
reins, est represente en pleine action, marchant, le torse penche a 
droite, les bras tendus, la tete se redressant nerveusement. Un effort 
violent contracte sa bouche et ses sourcils. 

Bronze patine brune. Ham., 54 cent. 

Le module est celui du David du cavalier Bernin, execute pour le papa Paul V 
avant 1622, dont le marbre est a la villa Borghese et avait ete grave et r^pandu des le 
xvii'siecle. On voit mfime, d'apres les gravures de Nicolas Chevallier exdcutees sur les 
dessins de Charpentier representant le cabinet de Girardon, que celui-ci possedait une 
cire du David. II y a done quelques chances pour que, malgre Torigine italienne du 
modele, ce bronze soit, comme le suivant, le resultat d'un travail fran9ais. Quelques 
variantes se remarquent, au moins dans les accessoires. 

Vente de la baronne Roger de Sivry, mars 1904, n" iSj.^'^O^O 

Voir Fraschetti, // Bernini, 1900, p. 24-25. 

^^^ 

v^ Persee combattant le monstre. 

^>/ Le heros nu est debout, le torse penche en avant, le bras droit leve 

pour tenir la lance dont il frappe le monstre place sous son pied gauche. 
Le bras gauche s'appuie a un rocher sur lequel est accroche le bouclier 
portant la tete de Meduse. 

Bronze patine brune. Ham., 60 cent. 

Ce modele ne figure pas parmi les grandes sculptures classiques fran9aises que 
nous connaissons de la seconde moiti^ du xvii* siecle ou du commencement du xviii«. 
C'est cependant bien a cette pdriode qu'il parait appartenir. Mais il est possible aussi 
qu'il appartienne a Tdcole italienne. Quant a I'execution du bronze, elle a de grandes 
analogies avec celle des bronzes fran9ais des anciennes collections de la Couronne. 
On salt du reste que nos ateliers de bronziers du xvii* sifecle utilis^rent asscz couram- 
ment comme modeles, soit des reductions de figures antiques, soit des reductions de 
figures italiennes modernes. 



' 





131 



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132 



TABLEAUX 



BOUCHER 

(FRANgOIS) 
Paris, 1704 f Paris, 1770. / • /- 



l32 

La Koute du marche. 






Vetue d'un corsage gris a manches jaunes, d'une courte jupe rouge 
sur un jupon gris, de bas bleus et de souliers jaunes, une jeune paysanne, 
descendant une pente, se dirige de profil vers la droite. Elle a un fichu 
blanc pose sur ses cheveux bruns, un mince cordon noir autour du cou 
et un petit chale blanc sur les epaules. Tenant de la main gauche un 
panier de cerises, elle pousse devant elle un ane charge d'un chaudron 
de cuivre et de couvertures, Tune jaune et Fautre rouge, sur lesquelles 
est juche un garconnet blond dont on n'apercoit que le buste. A gauche, 
une chevre, se dirigeant vers la droite, les pieds dans une fontaine, et, 
derriere une barriere, quelques moutons. A droite, au premier plan, 
un tronc d'arbre renverse, De ce meme cote, derriere la paysanne, et au 
fond, a gauche, des bouquets d'arbres. Ciel d'un bleu tendre, avec de 
legers nuages. 

Signe a deux reprises, sur la barriere, ^ gauche : F. Boucher, I'jjo. 

Toile. Haut., Sg cent.; larg., 32 cent. 



Cadre ancien, d'^poque Louis XV, en bois sculpt^ et dor^, a coquilles, rinceaux 
et torsades, avec guirlandes de fleurettes au fronton. 



34 COLLECTION JACQUES DOUCET 



BOUCHER 

(FRANCOIS) 



t| ^^ La Musique. 

Un livre de musique ouvert devant lui, un amour assis chante, le 
corps tourne vers la droite, la jambe droite repliee, la gauche etendue. 
Derriere lui, un autre amour, dont on n'apercoit que le haut du corps, 
— le bras gauche etendu, la main droite levee tenant un feuillet roule 
avec lequel il bat la mesure, — fait sa partie dans le concert. A droite 
et en arriere du groupe, deux colombes. 

Toile. Forme ronde. Diam., 58 cent. 

Pendant du num^ro suivant. 

Cadre de style Louis XVI, avec parties anciennes, en bois sculpt^ et dor6 ; de forme 
circulaire, avec noeud de ruban formant fronton. 




133 




134 



SCULPTURES, TABLEAUX 35 



tfl 



V 



BOUCHER 

(FRANCOIS) 

i34 

La Poesie. 

Deux amours sont assis sur un tertre gazonne. L'un, la tete levee 
et tournee a droite, Fair inspire, ecrit ces vers sur un feuillet deroule : 

Qu'il triomphe et regne a jamais 
Entre les Beaux- Arts et la Gloire ! 
Elevens ce heros du trone de la Victoire 
Au trone de la Paix. 

L'autre, nouvel ApoUon, place un peu en arriere, tenant de la 
main gauche une lyre appuyee sur sa cuisse, tend, de la droite, une 
couronne de fleurs au-dessus de la tete du cupidon poete. En avant 
du groupe, deux colombes. Au premier plan, un ruisseau. Dans le fond, 
a droite, des sapins. 

Toile. Forme ronde. Diam., 58 cent. 

Pendant du numero precedent. 

Grave par Huquier, en format rectangulaire; — par Demarteau I'atnd, en sanguine, 
sans encadrement. 

Cadre de style Louis XVI, avec parties anciennes, en bois sculpt^ et dor^ ; de forme 
circulaire, avec noeud de ruban formant fronton. 







36 COLLECTION JACQUES DOUCET 






f\ 



,^' 



CHARDIN 

(JEAN-BAPTISTE-SIM^ON) 
Paris, 1699 ■\- Paris, 1779. 

i35 



, 0?£e Faiseur de chateaux de cartes ». 

1/< Vu a mi-corps et de profil a gauche, coifFe d'un tricorne noir pose 
sur les cheveux boucles et ornes d'un ruban bleu, vetu d'un habit gris, 
recouvert d'un tablier vert serre a la taille et se boutonnant en pointe 
sur la poitrine, un jeune garcon est assis devant une table a jeu, cou- 
verte d'un drap vert. Avec attention il edifie un chateau de cartes. Sur 
ie bord de la table, des cartes et des jetons et, tombe debout dans le 
tiroir entr'ouvert, un roi de pique. A gauche, au fond, un rideau. 

Toile, Ham., 58 cent.; larg., 63 cent. 

Probablement I'un des deux tableaux de la vente du Cabinet de M*** (Trouard), faite k 
Paris, en 1779, par A. Paillet : « Simon Chardin. 44. Deux tableaux pendans : lis representent 
chacun un jeune garfon vu a mi-corps ; I'un s'amuse a faire des boules de savon el I'autre un 
chateau de cartes. Largeur, 24pouces; hauteur, 23 pouces. Sur toile. » Les dimensions sont 
tres voisines en ce qui concerne le present tableau et concordent presque exactement pour le 
numero suivant de notre catalogue. 

Grave par Filloeul, le Faiseur de chateaux de cartes. 

Repr. dans Lady Dilke, French painters of the XVIIIth century (London, 1899), p. 128, 
le Chateau de cartes ; — la Revue de I'Art (1899), t. VI, p. 38o (meme titre); — L. de Four- 
caud, J.-B.-Simeon Chardin (Paris, 1900), p. 6 (meme titre). 

Chardin atraite plusieurs fois le meme sujet, notamment dans un tableau, maintenant au 
Musee de I'Ermitage (no i5i5 ; J. Guiffrey, Catalogue de I'oeuvre deJ.-B.-S. Chardin [Paris, 
1908], n° 233 ; repr. dans E. Pilon, Chardin [Paris, s. d.], p. 96), oil le jeune gar9on est vu 
dans le meme sens, mais la tete nue, et dans un tableau de la collection La Caze, au musee 
du Louvre (Cat. som., no io3), ou le personnage, coiffe du tricorne, est de trois quarts, la tete 
presque de profil, a gauche (J. GuiflVey, Catalogue, etc., op. cit., n° 65; repr. dans A. Dayot, 
J.-B.-S. Chardin [Paris, s. d.], p. 58). Certains auteurs pensent que ce dernier tableau est 
celui expose au Salon de 1741, sous le no 72 et cette designation : « Le Fils de M. Lenoir 
s'amusant a faire un chateau de cartes ». 

Rappelons, k titre de curiosite, les vers qui accompagnent la gravure de Filloeul : 

Vousvous moquez ^ tort de cet adolescent Barbons dans I'Sge meme ou Ton doit etre sage 

Et de son inutile ouvrage, Souvent il sort de vos serveaux 

Prest h. tomber au premier vent. De plus ridicules chateaux. 

Cf. Bocher, les Giavures, etc., J.-B.-S. Chardin (Paris, 1876), pp. 22 et 23, cat. n* 20; — E. et J. de 
Goncourt, I'Art au XV III' slide (Paris, i883), t. I, p. 120; — Lady Dilke, Chardin a Stockholm et 
a Potsdam, Ga:{ette des Beaux-Arts (1899), t. II, p. 181 ; — Lady Dilke, French painters, etc., op. cit., 
pp. 114 et 116; — L. de Fourcaud, J.-B.-S. Chardin, Revue de I'Art (1899), t. II, pp. 406 et 412 ; — 
L. de Fourcaud, Chardin, etc., op. cit., pp. 3o et 3i ; — Ch. Normand, J.-B.-S. Chardin {Paris, 1901), 
pp. 5o et 66; — J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. 75, cat. n' 1 14. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XV, en bois sculpte et dor^, k coquilles, torsades, rinceaux 
et fleurettes. 



1 







SCULPTURES, TABLEAUX 



CHARDIN 

(JEAN-BAPTISTE-SIMEON) 

i36 

« Les Bouteilles de savon ». 

Accoude sur le rebord d'une fenetre, vu a mi-corps et de trois 
quarts a droite, un jeune garcon, tete nue, les cheveux bruns, boucles, 
retenus par un ruban noir, se penche en avant. II est vetu d'un habit gris. 
A travers une paille, qu'il tient de la main gauche, appuyee sur la 
droite, il souffle une bulle de savon, A droite, on apercoit, au-dessus 
de Tappui de la fenetre, le haut du visage d'un enfant, coiffe d'un 
bonnet surmonte d'une plume. A gauche, un verre sans pied, a demi 
rempli d'eau de savon et dans lequel trempe une paille, est pose sur 
le rebord de la fenetre. Du meme cote, en haut, quelques branches de 
feuillage. 

Signe, a gauche, sur le rebord de la fenetre : /. Chardin. 

Toile. Haut., 6i cent.; larg., 64 cent. 

Probablement Tun des deux tableaux de la vente du cabinet de M*** (Trouard), 
faite a Paris, en 1779, par A. Paillet (voir le n° precedent). 

Salon de i 739 : « TAmusement frivole d'un jeune homme, faisant des bouteilles 
de savon ». 

Grave par Filloeul, les Bouteilles de savon (la grav. repr. dans la Revue de I'art 
[1899], t* 1^1 P- 4H; — dans De Fourcaud, Chardin, etc., op. cit., p. 3i); — par 
H. Lefort, dans la Ga:{ette des Beaux-Arts [iSgg), t. II, p. 180 (meme titre). 

Repr. dans A. Dayot, J.-B.-S. Chardin, etc., op. cit., 2« partie, p. 36 (meme titre). 

Une repetition de ce tableau se trouve dans la collection de M. David Weill, a 
Paris. (J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., cat. no 222.) 

A titre de curiosity, rappelons les vers qui accompagnent la gravure de Filloeul : 

Contemple bien jeune Garden, Et leur eclat si peu durable 

Ces petits globes de savon : Te feront dire avec raison, 

Leur mouvement si variable Qu'en cela mainte Iris, leur est assez semblable. 

Cf. Mariette, Abecedario, 1. 1 (Paris, i853), p. 358; — Goncourt, VArt, etc., op. cit., t. 1, p. 120 ; — 
Bocher, les Gravures, etc., op. cit., p. 14, n» 8; — P. Leprieur, Chardin, dans la Grande Encyclo- 
pedie, t. X, p. 61 3, 2' col.; — G. Schefer, Chardin (Paris), p. 5g. — Lady Dilke, French painters, etc., 
op. cit., pp. 114 et 116; — Lady Dilke, Chardin, etc., Ga:^ette des Beaux-Arts, op. cit., pp. 181, 182 
et 184; — De Fourcaud, J.-B-S. Chardin, Revue de I'art, op. cit., pp. 412 et 4i3; — De Fourcaud, 
Chardin, op. cit., pp. 3o et 3i ; — J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. yS, cat. n° 1 13. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpte et dore, a coquilles, torsades, 
rinceaux et fleurettes. 

10 




38 COLLECTION JACQUES DOUCET 



.d 



CHARDIN 

(JEAN-BAPTISTE-SIMEON) 



^ Kafraichissements. 

Un canard sauvage est suspendu par une patte, au-dessus d'une 
table de pierre, sur laquelle on voit, de droite a gauche, un verre 
a pied, a demi rempli de vin rouge; un pate pose sur une planche 
a decouper et sous lequel est engagee la lame d'un couteau a manche 
noir ; un citron et une jatte avec son couvercle, en porcelaine de Saxe 
polychrome, sur une serviette blanche depliee; enfin, un bocal bouche 
de liege, a demi rempli, et quelques biscuits. 

Signe sur Tepaisseur de la table, k gauche : Chardin, i ^64. 

Toile. Ovale. Haut., i m. 53 ; larg., 97 cent. 

Collection Gustave Rothan. '^CjfO^ 

Salon de 1765 : « no 48, Trois tableaux, sous le meme numero, dont un ovale, represen- 
tant des Rafraichissements, des Fruits et des Animaux » (le detail de ce numero nous est donne 
par la critique de ce Salon par Diderot) ; — Exp. de tableaux au profit du musee des Arts 
decoratifs (Paris, 1878), n* 38, Gibier, pate et ecuelle de faience. 

Repr. dans !a Revue de V Art (1899), t. II, p. $93, Nature morte; — L. de Fourcaud, 
Chardin, etc., op.cit.,p. 3o (meme titre). 

II ne parait pas inutile de donner ici, in extenso, le passage des Salons de Diderot concer- 
nant ce tableau : 

« 48. Troisieme tableau de rafraichissements a placer entre les deux premiers. 

» S'il est vrai qu'un connaisseur ne puisse se dispenser d'avoir au moins un Chardin, 
qu'il s'empare de celui-ci : I'artiste commence a vieillir, II a fait quelquefois aussi bien, jamais 
mieux. Suspendez par la patte un oiseau de riviere ; sur un buffet, au-dessous, supposez des 
biscuits entiers et rompus, un bocal bouche de liege et rempli d'olives, une jatte de la Chine 
peinte et couverte, un citron, une serviette deployee et jetee negligemment, un pate sur un 
rondin de bois, avec un verre a moitie plein de vin. C'est la qu'on voit qu'il n'y a guere 
d'objets ingrats dans la nature et que le point est de les rendre. Les biscuits sont jaunes, le 
bocal est vert, la serviette blanche, le vin rouge ; et ce jaune, ce blanc, ce rouge mis en oppo- 
sition, recreent I'oeil par I'accord le plus parfait. Et ne croyez pas que cette harmonic soit le 
resultat d'une maniere faible, douce et lechee : point du tout: c'est partout latouche la plus 
vigoureuse. II est vrai que ces objets ne changent point sous les yeux de I'artiste. Tels il les 
a vus un jour, tels il les retrouve le lendemain. II n'en est pas ainsi de la nature animee. La 
Constance n'est I'attribut que de la pierre. » [Salon de iy65.) 

Nous ne pouvons nous ranger a I'opinion de M. J. Guiffrey, qui voit dans ce tableau la 
nature morte A sujet de canard, signalee par Mariette ; car la peinture dont il est question au 
passage signale de V Abecedario (op. cit., t. I, p. 356) est nettement indiqu^e comme ayant ete 
executee par Chardin, a I'epoque de ses debuts, avant meme sa reception k I'Academie royale 
(1728), soit done quelque quarante annees avant la date que porte le present tableau. 

Cf. Diderot, Salons, CEuvres, id. Assdzat (Paris, 1876), p. 3o2; — Bocher, J.-B.-S. Chardin, etc., 
op. cit., pp. 76 et 102 ; — Goncourt, I'Art, etc., op. cit., t. I, p. i3o; — Oh. Normand, Chardin, etc., 
p. 36; — J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., pp. i5, 44 et 76, cat. n" 117. 

Cadre ancien, d'^poque Regence (avec parties modernes), en bois sculpte et dore, a tor- 
sades, rinceaux et autres motifs d'ornement. 




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SCULPTURES, TABLEAUX 3g 



CHARDIN 

VJEAN-BAPTISTE-SIMEON) 

Les Attributs du peintre. 

Sur une table de pierre, derriere un verre sans pied a demi rempli 
de vin rouge, on apercoit, a droite, une cruche en terre et, a gauche, 
une palette chargee de couleurs, avec ses pinceaux; puis en continuant, 
sur le meme cote, un petit pot en terre grise, bouche d'un tampon de 
papier, deux vessies de couleur , un couteau de peintre , un porte- 
crayon tenant un morceau de craie, et des crayons de sanguine. 
A droite de la composition, un rouleau de papier d'un gris bleute. 

Signe, sur Tepaisseur de la table, vers la droite : Chardin. 

Toile. Haut., 63 cent.; larg., 80 cent. 



Collection Laperlier (i" vente. Paris, 1 1 au i3 avril 1867, no 21), Attributs du 
peintre. *'— ) 6 C/ * 

Cf. J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. 76, cat. n° 116. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpte et dore, a coquilles, rinceaux et 
fleurettes. 



40 COLLECTION JACQUES DOUCET 



CHARDIN 

[JEAN-BAPTISTE-SIMEON 






La Corbeille de peches. 



Sur le rebord d'une table de pierre, des peches sont posees sur des 
feuilles vertes, dans une corbeille d'osier. A droite, un bol et une 
cuiller, devant un gros bocal garni de paille et bouche d'une feuille 
de papier ficelee au col. 

Signe, sur Tepaisseur de la table, vers la gauche : /. Chardin. 

Toile. Haut,, 66 cent.; larg., 56 cent. 

Pendant du numero suivant. 

Cf. J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. 76, cat. n° 1 19. 
Cadre ancien, d'epoque Regence, en bois sculpte et dore, a coquilles et ornements. 




139 




140 



SCULPTURES, TABLEAUX 41 



CHARDIN 

(JEAN-BAPTISTE-SlMfiON) 

Les Apprets d'un dejeuner. 

Sur line table de pierre dont J'epaisseur forme deux rebords 
successifs, a la maniere des marches d'un escalier, on apercoit une 
tranche de jambon dans un plat d'etain, devant une bouteille a large 
panse, d'un verre sombre, a demi remplie et bouchee. A droite, derriere 
un gobelet d'argent, un pain entame dans lequel est enfoncee la lame 
d'un couteau. 

Toile. Ham., 66 cent.; larg., 56 cent. 



Pendant du numero precedent. 

Une nature morte de composition analogue, mais dont les dimensions sont supe- 
rieures (o'"77Xo'"62), faisait partie de la collection Baroilhet et a figure a Texposition 
de 1 860, au profit de la Caisse de secours des artistes (n<» 36o), sous ce titre, le Gobelet 
d'argent (cf. J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit. p. 37). La meme peinture, dans la 
3« vente Baroilhet (2 avril i860, n° 102). C'est probablement le meme tableau que, 
sous le titre la Tranche de jambon, Bocher {op. cit. p. io3) dccrit, mais sans donner 
de dimensions, comme se trouvant (en 1876) dans la collection de M™* la baronne 
Nathaniel de Rothschild, a Paris, et qui fait partie aujourd'hui de la collection du 
baron H. de Rothschild (cf. J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. 88, cat. n° 202). 

Cf. J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit. p. 76, cat. n° 120. 

Cadre ancien, d'^poque Regence, en bois sculpt^ et dore, a coquilles et ornements. 



II 



42 COLLECTION JACQUES DOUCET 



^i) 



CHARDIN 

(JEAN-BAPTISTE-SIMEON) 

Le Buste, 

Sur une table sont groupes des accessoires d'atelier : livres, papiers 
roules, compas, marteau desculpteur, que domine un buste de femme, 
en platre. A droite, un encrier avec deux plumes d'oie. 

Signe, au milieu, en bas : C/z... 

Toile. Ovale. Haut,, 60 cent. ; larg., 52 cent. 

Probablement le no 47 de la vente de la Collection de M. Z... (Paris, 4 mai 1882), 
« Objets divers. Un buste en platre, des rouleaux de papier, un compas, des livres, un 
encrier, etc., le tout pose sur une table. Belle peinture du maitre. Toile de forme ronde. » 
(Cf. J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. 46.) 

Cf. Lady Dilke, Chardin, etc., Gazette des Beaux-Arts, op. cit., p. 190; — J. Guiffrey, Cata- 
logue, etc., op. cit., p. 76, cat. n" 1 15. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore; de forme ovale, avec car- 
touche et branches de laurier a la partie inferieure. 



CHARDIN 

(JEAN-BAPTISTE-SIMEON) ^ 

142 r^*) 



Le Plat d'huitres. 



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Sur une table de pierre, des huitres ouvertes reposent dans un plat 
de terre brune. A droite, une bouteille a large panse, d'un verre sombre. 
Devant celle-ci, un gobelet d'argent, une huitre ouverte et un coutcau 
a manche d'ivoire. A gauche, un moulin a poivre, 

Signe, sur Tepaisseur de la table, vers la gauche : Chardin. 

Toile. Haut., 40 cent.; larg., 5o cent. 

Probablement le n» 6 de la vente du Cabinet de M. de Montmerque (Paris, 18 mai 1861) : 
« Une table de cuisine, sur laquelle est une bouteille, un gobelet, une poivriere et un plat 
avec des huitres. Signd. Toile. » (Cf. J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. 38). 

Vente de la Collection J.-W.-G. D***, esquire, de Londres (Paris, 20 f^vrier i860, n* 21). 

Cf. J. GuilTrcy, Catalogue, etc., op. cit., p. 76, cat. n* 1 18. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpte et dore, avec coquilles et fleurettes. 




143 



SCULPTURES, TABLEAUX 43 



CHARDIN 

(JEAN-BAPTISTE-SIMEON) 



Coin d' office. ^ ^ ^ 



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Sur une tablette d'office sont groupes : un pichet de gres vert, une 
bassine de cuivre avec couvercle, un poulet plume, un fromage entame, 
trois oeufs et un egrugeoir avec son pilon. Au-dessus, contre la muraille, 
suspendus a un crochet, une raie et une boite d'oignons. 

Signe sur la tablette, vers la droite : Chardin. 

Toile. Haul., 40 cent.; larg., 33 cent. 

Cette nature morte nous parait etre celle decrite dans les notices suivantes : 
1786 (20 mars). Vente de M. Taraval, professeur de I'Academie royale et sous-intendant 
de la manufacture des Gobelins : « 36. Un tableau du sieur Chardin, peint sur toile de 
quinze pouces de haut, douze de large. II represente un poulet, un morceau de fromage, des 
oeufs, une marmite, un potde terre, un egrugeoir, etc., sur un rebord de pierre.»(Cf. Goncourt, 
L'Art, etc., op. cit., t. I, p. 127; J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., p. 27) ; — 1822 (9, 10, 
II avril), Vente X... : « 85. Deux tableaux de nature morte. Dans I'un sont representes un 
fromage entame, une piece de volaille, des vases de terre et de cuivre, une botte d'oignons avec 
un morceau de raie... Toile. Hauteur quinze pouces, largeur douze pouces. » (Gf. J. Guiffrey, 
Catalogue, etc., op. cit., p. 3o) ; — i860. Exposition de la Caisse de secours des artistes, etc. : 
« 359. La Cuisine. Sur une table de pierre sont poses : une cruche verte, un chaudron de 
cuisine, un poulet plume, un fromage entame, des legumes, etc. Au-dessus sont suspendues 
une raie et une botte d'oignons. Signe : Chardin, i-jSi. H., o'»,40 ; 1., o™,32. Collection de 
M. Baroilhet. » — Peut-etre le n° 98 (Ustensiles de cuisine. H. om,39 ; 1. om,3i), ou le n» loi 
[Inter ieur de cuisine. H. o°39; 1. on>3i)de la 3^ vente Baroilhet, 2 avril i860. (Cf. Bocher, 
Chardin, etc., op. cit., p. ii5 ; J. Guiffrey, Catalogue, etc., op. cit., pp. 37 et 38); — Collection 
de M. Camille Marcille, a Oiseme, pres Chartres : « Nature morte. Sur une tablette de pierre, 
a gauche, une cruche en faience verte vernissee, une marmite en cuivre dont le couvercle 
repose sur un fromage blanc a moitie entame, un poulet plume et pret a etre mis a la broche; 
k droite, trois oeufs, un egrugeoir. Au-dessus et pendus a un croc, un panier et une raie. 
Signe en bas, sur le rebord de la tablette : S. Chardin. H. o°»,42 ; 1. o",33. Toile. » (Cf. Bocher, 
Chardin, etc., op. cit., p. 98.) ; — 1876 (6, 7 mai). Vente de M. Camille Marcille : « 20. Nature 
morte. Un pot de faience, une marmite de cuivre, un poulet, un fromage, un egrugeoir; au- 
dessus, une raie suspendue ; derriere, un panier. Signe : Chardin. Toile. H. o™,40 ; 1. o",33, » 
(Goncourt, Z,'.4r/, etc., op. cit.,t. I, p. 128; Bocher, Chardin, etc., op. cit., p. 116; J. Guiffrey. 
Catalogue, etc., op. cit., p. 43. 

Une nature morte correspondant a la nieme description et signee de meme est encore 
signalee par Goncourt [L'Art, etc., op. cit., t. I, p. i3o) et Bocher [Chardin, etc., op. cit., 
p. io3), comme se trouvant chez la baronne Nathaniel de Rothschild (en 1876), mais I'ab- 
sence d'indication de dimensions rend I'identification impossible. 

Cadre de style Louis XV, en bois sculpte et dore, a baguettes, avec coquilles, torsades et 
fleurettes dans les angles. 



44 COLLECTION JACQUES DOUCET 



DROUAIS 

(Attribue a HUBERT) 
I. a Roque, 1699 f Paris, 1767. k /"lO 

Portrait d'une dame dgee, 
tenant un livre, 

Vue a mi-corps, assise dans un fauteuil, presque de face, la tete 
legerement a droite, elle regarde le spectateur. Sur ses cheveux blancs 
poudres est pose un bonnet de dentelles. Au cou, un ruban noir dont 
Textremite tombe sur la poitrine. Elle est vetue d'une robe de sole rose 
a pois, avec broderies de meme couleur, decolletee, lacee de rubans 
roses sur le devant et bordee de dentelles au corsage et aux manches. 
De la main gauche, qu'elle ramene vers la poitrine, elle tient, entr'ou- 
vert, un livre relie, a tranche rouge. Sur le bras droit, on apercoit un 
manteau de sole borde de fourrure, que Ton retrouve encore sur le 
fauteuil, derriere 1 epaule gauche. Fond neutre uni. 

Toile. Haut., 72 cent.; larg., 58 cent. 



Cf. Lady Dilke, French painters, etc., op. cit., p. i55. 

Cadre de style Louis XVI, en bois sculpt^ et dor^, a fronton form^ d'une couronne 
de fleurs et de branches de laurier, retenues par un noeud de ruban. 




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SCULPTURES, TABLEAUX 45 



DUCREUX 

(JOSEPH) ^ / 



Nancy, 1735 f Paris, 1802. 

Portrait de la mere de V artiste, 

Vue a mi-corps, la tete de trois-quarts et regardant vers la gauche, 
elle est coiffee d'un bonnet garni de rubans bleus, pose sur ses cheveux 
blancs. Les epaules sont couvertes d'un mantelet de soie noire, decol- 
lete, borde et garni de dentelles noires, orne d'un ruban bleu au-devant 
du corsage et sous lequel on apercoit les manches blanches du vetement. 

Toile. Haut., 78 cent.; larg., 50 cent. 



Collection de feu M. Paul Casimir-Perier (venie a Paris, 26 avril 1898, n" 23), 
Ducreux, Portrait defemme dgee."-""^ W "U- ^i 

Un portrait du meme personnage, egalement en buste et dans un costume assez 
semblable, mais au pastel (Ovale. H. o°',70 ; 1. 0^,57), faisait partie de la collection de 
M. le comte de Cherisey (vente a Paris, le 16 juin 1909, cat. n° 8 et repr. p. 10), sousce 
titre : Ducreux. Portrait de sa mere. Au dos de ce pastel se trouvait cette inscription : 
« La mhre de Ducreux, son morceau de reception de peintre du roi. » 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, a coquilles, palmettes, rinceaux et fleurettes. 



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46 COLLECTION JACQUES DOUCET 




FRAGONARD 

(JEAN-HONORE) 
Grasse, 1732 -j- Paris, 1806. 

146 

Le Sacrifice au Minotaure. 

Pres d'un autel circulaire, sur lequel une urne est posee, la jeune 
fille, designee par le sort, vetue d'une robe blanche et d'une draperie 
bleue, leve les bras au ciel et tombe evanouie dans les bras de ses com- 
pagnes. Au premier plan, etendue et adossee a un banc de pierre recou- 
vert d'une draperie rouge, la mere, en robe bleue, se tord les bras en 
un geste de desespoir. Derriere elle, a droite, un groupe d'assistants 
effrayes se montrent la scene. A gauche, deux grands-pretres sacrifica- 
teurs aupres d'un trepied. Dans le ciel, au-dessus de I'autel, apparait 
une divinite. 

Toile. Haut., 72 cent.; larg., 91 cent. 

Collection Walferdin (Vente a Paris, 12-16 avril 1 880, n° i j), Sacrifice au Minotaure. \^j > ■^ 

Repr. dans Lady Dilke, French painters^ etc., op. cit., p. 64; — P. de Nolhac, 
J.-H. Fragonard {Paris, 1906), p. 154. 

Suivant le baron Portalis, cette peinture semble former pendant avec la compo- 
sition Renaud dans la Forit enchantee (Vente Walferdin, n° 16), qui a les memes 
dimensions. 

La collection J. Doucet, qui a possede un moment une esquisse plus petite du 
meme tableau, en grisaille l^gerement teint^e (signal^e par M. P. de Nolhac, o/». ctt., 
p. io3), contient une ^tude dessin^e de cette composition, n° 16 du present catalogue 

(Dessins.) 

Cf. Goncourt, I'Art, etc., op. cit., t. II, p. SGg; — Baron Roger Portalis, Honore Fragonard (Paris, 
1 889), p. 288 ; — Lady Dilke, French painters, etc., op. cit. ,p.6S ; — P. de Nolhac, J -H. Fragonard, etc., 
op. cit., p. 1 53, 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpt^ et dor^, a coquilles, torsades et 
fleurettes. 



SCULPTURES, TABLEAUX 



47 



FRAGONARD 

(JEAN-HONOR^) 

147 
Le Songe du mendiant. 



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Pres d'un atre rustique, ou Ton voit un chaudron suspendu au- 
dessus du foyer, un vieillard a barbe blanche, assis a gauche, est 
endormi, ayant un chien aupres de lui. A droite, une jeune femme 
assise, tenant un enfant sur ses genoux, devant le feu, recommande du 
geste le silence a un homme vetu d'un manteau gris et coiffe d'une 
toque rouge et bleue, debout derriere elle et qui la tient par le cou. 
Aupres de ce personnage, sont poses son manteau rouge et son epee. 

Toile. Haut., 78 cent.; larg., 91 cent. 



Cabinet de M"* [TrouardJ (Vente par A. Paillet. Paris 1779): « Honore Frago- 
nard... 80. Une esquisse chaudement touchee et d'un grand effet : Ton voit sur la droite 
un homme, une jeune femme et un enfant assis devant un feu ; a gauciie est un vieillard 
endormi. Largeur 34 pouces, hauteur 26 pouces. Sur toile. » 

Vente anonyme (Paris, 9 juin 1903). Tableau par Honore Fragonard (n° unique de 
la vente, sous ce titre : « Souviens-toi ! »). 

Repr. dans le catalogue de la vente de 1903. 

Le redacteur du catalogue de la vente anonyme de 1903 a vu dans cette compo- 
sition assez enigmatique une halte de bohemiens prenant leur repas dans des mines, 
a la fiin de la journee. Pendant que Taieul se repose, son chien aupres de lui, deux 
jeunes epoux s'entretiennent tendrement, le mari evoquant le passe, la Jeune femme, 
son enfant sur les genoux, un doigt devant la bouche comme pour retenir un aveu. 
D'ou le titre de Souviens-toi! donne au tableau ainsi ingenieusement explique. II nous 
parait plutot que nous avons affaire ici au Songe du mendiant, sujet egalement traite 
par Fragonard, dans le n° 20 de la presente collection (Dessins). 

Cf. Goncourt, VArt, etc., op. cit., t. II, p. 3-]5 ; — P. de Nolhac, Fragonard, etc., op. cit., p. i33. 

Cadre ancien, d'dpoque Louis XV, en bois sculpte et dore, a coquilles, torsades, 
rinceaux et fieurettes. 



48 COLLECTION JACQUES DOUCET 



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FRAGONARD 

(JEAN-HONORE) 



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Le Feu aux poudres. 



Sur un lit, une jeune femme est endormie. Coiffee d'un petit bonnet 
Q de dentelles a rubans bleus, sa tete est renversee et penchee sur Tepaule 

droite. Le bras gauche est etendu sur Toreiller ; la jambe gauche allongee, 
la droite repliee. Au fond, a gauche, on apercoit deux amours ; Tun, 
soulevant le drap, devoile la dormeuse que Tautre, dont on ne voit que 
le haut du corps, regarde avec curiosite. Au premier plan, a droite, 
devant le lit, un autre amour tend, de la main droite, vers la jeune 
femme, une torche allumee. Au fond et a droite, les draperies jaunes 
et rouges des rideaux du lit. 

Toile. Ovale. Haut., Sj cent.; larg., 43 cent. 



Cabinet de M. Gros, peintre (Vente par J.-B.-P. Le Brun. Paris, 1778) : « Honore 
Fragonard. 57. Deux tableaux faisant pendans. L'un et I'autre representent une femme cou- 
chee sur un lit et jouant avec des amours. Esquisses ovales en travers. Haut., i3 pouces. 
Larg., 16 pouces. T. » (Deux croquis par G. de Saint-Aubin, en marge de cet article, dans un 
exemplaire du catalogue de la vente Gros, faisant partie de la bibliotheque J. Doucet, per- 
mettent de reconnaitre dans les deux esquisses en question, d'une part le present tableau, de 
I'autre la Chemise enlevee, maintenant au Musee du Louvre, cat. som., no^gS ; coll. La .'^%P 
Gaze, n° 196); — coll. F. de Villars (vente a Paris, i3 mars 1868, n° 29ISV coll. Merton^a? . 
(vente k Paris, 24 mars 1874, n" 14); — coll. Becherel (vente a Paris, 26 novembre i883, n<» 2i).yUW 

Dans le catalogue des oeuvres peintes de Fragonard, dresse par M. Henry Pannier a la 
fin du livre de M. de Nolhac, I'auteur distingue deux tableaux differents du meme sujet: l'un 
(o"»,43xo",36), qui aurait passe par les ventes Villars et Merton; le second (o'n,38xo,45), 
celui des collections Gros et Becherel, serait celui de M. J. Doucet. Comme on ignore ou se 
trouverait actuellement la premiere de ces deux repliques, dont les dimensions interverties 
concordent assez bien avec celles de la seconde, il nous parait plus probable qu'il s'agit d'un 
seul et meme tableau, indique erronement comme de format en hauteur, dans les catalogues 
Villars et Merton. Dans son livre precedemment public, M. le baron Portalis ne signalait 
qu'un seul tableau (o'",43xo°,36) comme ayant passe dans les ventes de Villars et Merton, 
sans indiquer ce qu'il est devenu depuis. 

Cf. Goncourt, VArt, etc., op. cit., t. II, pp. 335 et 373; — baron Roger Portalis, Fragonard, etc., 
op. cit., p. 277; — P. de Nolhac, Fragonard, etc., op. cit., pp. bg et 120. 

Cadre de style Louis XV, en bois sculpte et dor^; de forme mouvementee, a coquilles, 
torsades et fleurettes. 




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149 



SCULPTURES, TABLEAUX 49 



FRAGONARD 

(JEAN-HONORE) 

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Mademoiselle Marie-Madeleine Rigfgfieri, 

dite Adeline. 

En buste, de trois-quarts et regardant a droite, la tete un peu pen- 
chee de ce cote. Les cheveux hruns, legerement poudres, releves; une 
meche flottant au-dessus de Tepaule gauche. Corsage blanc, decollete en 
pointe. Draperie bleue passant sur le bras gauche et chifFonnee au- 
dessus de I'epaule droite. 

Toile. Ovale. Haut., 60 cent.; larg., 5o cent. 



Repr. dans A. Dayot, V Image de la femme (Paris, 1899), p. zii^^tude de femme^ Portrait 
de la Guimard. 

M. G. Capon, qui a fait de ce portrait une etude speciale, a bien voulu nous la commu- 
niquer : « Fragonard. — Portrait de M""' Marie-Madeleine Riggieri, dite Adeline, soeur de 
Miles Colombe ainee et cadette, toutes trois actrices de la Comedie Italienne. M"" Adeline, 
nee a Florence, le iSdecembre 1760, morte a Versailles, le 4 fevrier 1841, debuta a la Comedie 
Italienne, le 17 avril 1776, et se retira avec une pension en avril 1798. Son gros succes fut le 
role de Denise, de I'Epreuve villageoise, de Gretry. Fragonard fit plusieurs portraits de 
M"e Adeline, dont deux, actuellement chez M. le baron Edouard de Rothschild, furent 
trouves dans sa maison de campagne, a Saint-Brice. La ressemblance frappante qui existe 
entre un de ces portraits et celui de la collection de M. Jacques Doucet ne laisse aucun doute 
sur I'identite du personnage qu'il represente. C'est certainement la premiere idee de Frago- 
nard, qui reprit plus tard le portrait presque dans la meme attitude, en ajoutant a la tete 
seule, qu'il avait peinte tout d'abord, le buste et deux colombes. Ce dernier detail a trompe 
les connaisseurs qui ont designe k tort ce portrait comme celui de M"® Colombe. » Les deux 
portraits de la collection Edouard de Rothschild sont reproduits dans P. de Nolhac, Frago- 
nard, etc., op. cit., (p. 56, M"^ Colombe, et p. 112, Portrait de jeune fille). 

Cf. Lady Dilke, French painters, etc., op. cit., p. 64, indique comme le portrait de la Guimard. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore; de forme ovale, avec noeud 
de ruban au fronton. 



i3 



5o COLLECTION JACQUES DOUCET 



FRAGONARD 

(JEAN-HONORE) 

La Jeune Fille brune. 



^ 



En buste, le corps a droite, la tete presque de face, elle regarde 
le spectateur; ses cheveux bruns sont retenus par un ruban rouge. Sur 
Tepaule gauche retombent une meche de cheveux et un bout de ruban. 
Les epaules nues, elle ramene, de la main gauche, sa chemise blanche 
sur la poitrine. 

Toile. Haut., 45 cent.; larg., Sy cent. 

Probablement le n" 46 de la vente du cabinet de feu J.-B.-P. Le Brun(parAl. Paillet. 
Paris, 1814) : « Honore Fragonard. Tete de jeune fille, dont I'epaule droite est decouverte. Elle 
tient d'une main son vetement, dont elle cherche a reparer le desordre. Morceau peint avec 
gout et facilite. Hauteur, 17 p. ; largeur, 14 p. » 

Succession de M™» Devisme, nee Pigalle (vente a Paris, 17 mars 1888, n" Sg), Tete de 
jeune fille. \ C| y^ 

Grave par Wallet (la gravure dans baron Roger PortaVis, Fragonard, etc., op. cit., p. 148). 

Repr. dans A. Dayot, I'Image de la/emme, etc., op. cit., p. 282, Etude de femme. 

Suivant V. Josz, ce serait le portrait de Marguerite Gerard, la belle-soeur et I'eleve de 
Fragonard. 

Cf. Portalis, Fragonard, etc., op. cit., pp. i35, 290 et 33i, cat. de I'oeuvre grave, n" 162; — P. de 
Nolhac, Fragonard, etc., op. cit., pp. 1 13 et 1 14; — V. Josz, Fragonard (Paris, 1901), p. 226. 

Cadre de style Louis XVI, en bois sculpte et dor^, a feuillages et ornements. 



\ 



r, FRAGONARD 

I U (JEAN-HONORE) 

i5i 

Tete d' etude. 



La tete renversee en arriere et de trois-quarts a droite, ses cheveux 
blonds tombant sur les epaules, la jeune fille a les yeux leves au ciel. 

Bois. Forme ronde. Diam., 32 cent. 
Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore; de forme circulaire. 




150 




152 



SCULPTURES, TABLEAUX 5l 



GOYA Y LUCIENTES 

(FRANCISCO) 
Fuente de Todos, 1746 + Bordeaux, 1828. 



l52 

La Duchess e d'Albe. 



/^ 



nOO 



U 



Elle est vue a mi-corps, presque de face, la tete legerement a 
gauche, regardant en face. Un ruban rouge, qui forme un noeud bouf- 
fant sur le cote gauche de la tete, retient ses cheveux noirs tres epais, 
dont les boucles couvrent les epaules et descendent dans le dos jusqu'a 
la ceinture, De lourds pendants d'orfevrerie tombent des oreilles. Le 
cou est nu, ainsi que le haut de la poitrine, orne d'un double rang de 
perles de corail rouge. La duchesse est vetue d'une robe blanche d'etofFe 
plissee, legerement decolletee en rond, bordee d'une ruche a la gorge, 
avec un noeud de ruban rouge sur le devant du corsage. Une large 
echarpe rouge, formant ceinture, est nouee derriere la taille. Les deux 
bras sont coupes par le cadre a la hauteur des mains; le gauche, pen- 
dant le long du corps, est orne au-dessus du coude d'un bracelet forme 
de medallions d'email cercles d'or : les deux qu'on apercoit portent, Tun 
la lettre S, I'autre T. Le bras droit, ecarte du corps, est tendu vers la 
gauche. Fond neutre uni. 

Toile. Haut., 87 cent.; larg., 70 cent. 

Collection du due de Medina-Sidonia, comte de Niebla et marquis de Villafranca, Madrid. 

Ce portrait est la repetition partielle du portrait en pied et de grandeur naturelle de la 
duchesse d'Albe, par Goya, signe et date de 1795, appartenant au due d'Albe et qui se trouve 
au palais de Liria, a Madrid (repr. dans V. von l.oga, Francisco de Goya [Berlin, igoS], pi. 29). 
II en existe une repetition, le personnage en pied, signalee par Yriarte et de la Vihaza, comme 
se trouvant chez le due de Medina-Sidonia. Une replique du present portrait, par Goya, 
egalement de grandeur naturelle et coupe de meme, fait partie de la collection O'Rossen. 
(Repr. dans A.-F. Calvert, Goya [London, 1908], pi. 28; — Retratos de Mujeres por Goya 
[Madrid, 1909], p. 41). 

Dofia Maria Teresa Cayetana de Silva, treizieme duchesse de Berwick et d'Albe, marquise 
de Villafranca, fut la protectrice et I'amie de Goya, qui la suivit dans son exil a San Lucar de 
Barramada, en Andalousie (1793). 

Cf. Ch. Yriarte, Goya (Paris, 1867), p. 184;— Comte de la Vinaza, Goja (Madrid, 1887), p. 271, cat. 
n' 45; — P. Lafond, Goya (Paris, s. d.), p. i23, cat. n° 64; — V. von Loga, Francisco de Goya, etc. 
op cit., p. 191, cat. n" 167. 

Cadre de style Louis XV, en bois sculpte et dor6, a eoquilles, torsades et fleurettes. 



52 COLLECTION JACQUES DOUCET 




GOYA Y LUCIENTES 

(FRANCISCO) 

153 



J 



he Due d'AIbe. 

Assis dans un fauteuil de bois dore, couvert d'une etoffe verte, le 
corps et la tete de trois-quarts a gauche, il regarde en face. II porte la 
petite perruque poudree, formant rouleau sur Toreille. Le cou pris 
dans une cravate de lingerie blanche, il est vetu d'un habit de velours 
noiratre, a col haut et a revers, sur un gilet a chale, a rayures blanches 
et vertes, dont I'ouverture laisse passer le jabot de dentelles, et que 
traverse en sautoir le large ruban de moire, bleu et blanc, d'un ordre. 
A la boutonniere de gauche est suspendu a un ruban rouge I'insigne de 
la Toison d'Or. Sous le revers de Thabit, du meme cote, passent les 
pointes d'argent d'une autre decoration. La main droite s'appuie sur le 
bras du fauteuil, la gauche est engagee dans Touverture du gilet. 



Toile. Haut., 87 cent.; larg., 70 cent. 



Collection du due de Medina-Sidonia, comte de Niebla et marquis de Villafranca, 
Madrid. 

Grave par Salvador Garmona, El excmo Sehor D" Joseph Alvare:{ de Toledo, 
Duque de Alva, Marque\ de Villafranca, Duque de Ferdinandina^y de Medinasidonia. 

Le treizieme due de Berwick et d'Albe, marquis de Villafranca ct mari de Tamie 
de Goya, etait un descendant du fameux marechal de Berwick : James Fitz-James, due 
de Berwick, pair de France et d'Angleterre et grand d'Espagne, que Philippe V fit due 
de Liria et de Xerica. 

Cf. Comte de la Viiiaza, Goya, etc., op. cit., p. 271, cat. n° 47; — P. Lafond, Goya, etc., op. cit., 
p. 123, cat. n" 61 (probablement le present tableau, mais I'absence de dimensions et d'une description 
suffisante rend I'identification impossible); — V. von Loga, F. de Goya, etc., op. cit , p. 191, cat. n' 161. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XV, en bois sculpt^ et dor^, a coquilles, torsades et 
fleurettes. 




153 



SCULPTURES, TABLEAUX 53 



GOYEN 

(JAN VAN) 
Leyde, 1596 -1- La Haye, i656. 

Port de mer. 



U> 000 



Par une echancrure dans les dunes on apercoit, en contre-bas, une 
plage ou sont echouees des barques et au dela de laquelle s'etend la 
mer. A gauche, au premier plan, un homme et une femme se partagent 
du poisson, au pied d'une eminence sur laquelle se trouvent des 
pecheurs avec leurs femmes et leurs enfants. Au centre, sur la route 
descendant vers la mer, d'autres pecheurs, une voiture attelee de deux 
chevaux, des caValiers, etc. A droite, derriere un pli de terrain, quelques 
maisons et le clocher d'une eglise. Ciel nuageux. 

Signe, en bas, a gauche : V. G., 1644. 

Bois. Haul., 52 cent.; larg., 68 cent. 
Cadre de style Louis XIV, en bois s^ulpte et dore, a coquilles, rinceaux et fleurettes. 



GOYEN 

(JAN VAN) 

155 ^^-V^ 

VHiver en HoUande. 

Sur un cours d'eau gele, on apercoit, au premier plan, divers 
personnages, les uns attachant leurs patins, les autres jouant aux 
boules et, a gauche, une barque prise dans la glace. Plus loin, sur une 
levee de terrain, un traineau attele d'un cheval descend vers la droite. 
A Tarriere-plan, une vaste etendue glacee, animee de patineurs. Au 
lointain, a gauche, le clocher d'une eglise; a droite, un moulin a vent. 

Signe, sur la barque, a droite : V. G., 1645. 

Bois. Haut., 14 cent.; larg., 18 cent. 

Collection de M. E. M... [Emile Monteaux] (vente a Paris. 1897, n" 237), les Patineurs. 
Repr. dans le catalogue de cette vente. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XIV, en bois sculpte et dore, a coquilles, rinceaux et 
fleurettes. 

14 



COLLECTION JACQUES DOUCET 



<^^ 






GREUZE 

(JEAN-BAPTISTE) 
Tournus, 1725 f Paris, i8o5. 



/5^ 

Portrait presume de CaffierL 



En busle, le corps de face, la tete de trois-quarts et regardant a 
gauche, le visage rase, il porte la petite perruque poudree, nouee d'un 
ruban noir dont on apercoit la pointe au-dessus de Tepaule gauche. II 
est vetu d'un habit de velours gris fonce, sur un gilet jaune a broderies 
d'or. De la cravate de lingerie serrant le cou tombe un jabot de den- 
telles, que traverse un ruban noir. 

Toile. Ovale. Haut., 64 cent.; larg., 53 cent. 



Suivant une etiquette, d'une ecriture ancienne peu lisible collee sur' le chassis, ce portrait 
serait celui du celebre sculpteur franjais Jean-Jacques Caffieri. 

Le livret du Salon de 1765 mentionne, sous le nom de Greuze et le n" 1 18, « le portrait de 
M. Gaffiery, sculpteur du Roi », les dimensions indiquees, sensiblement superieures a celles 
du present tableau, ne permettent pas une identification certaine. 

Jean-Jacques Caffieri, ne a Paris le 3o avril 1725, eleve de son pere Jacques Caffieri (1678- 
1755) et de Jean-Baptiste II Lemoyne, obtint le premier prix de sculpture a I'ancienne Ecole 
academique, le 3i aout 1748, et re9ut, le i3 mars 1749, son brevet de pensionnaire a I'Aca- 
demie de France a Rome. Arrive dans cette ville en cette meme annee, il ytravailla jusqu'en 
1753, puis, apres un court sejour a Naples, il rentra a Paris en 1754. Agree le 3o juillet 1757 
a TAcademie royale de peinture et de sculpture, il devint academicien le 28 avril 1759, fut 
nomme adjoint a professeur le 2 mars 1765, et professeur le 27 fevrier 1773. Nomme garde 
de tout ce qui appartient k I'Academie relativement a tons morceaux d'art » le 28 avril 1792, 
il mourut i Paris le 21 juin suivant. 

Cf. J. -J. Guiffrey, les Caffieri, etc. (Paris, 1877), p. 423; — J. Martin et C. Masson, CEuvre de 
J.-B. Greui^e (Paris, 1908), p. 66, cat., n° 1073; — St. Lami, Dictionnaire des sculpteurs de I'Ecole 
frartfaise au XVIU' sidcle, t. I (Paris, 1910), au mot Caffieri (J.-J. I, p. 154. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore ; de forme ovale. 




1 56 




00 



SCULPTURES, TABLEAUX 55 

GREUZE 

(D'apres J EAN-BAPTIS TE) o , - >i 

i57 

Watelet en robe de chambrey debout. 

Dans un interieur, un personnage debout, adosse et accoude £i une 
fenetre entr'ouverte, regarde un plan qu'il tient des deux mains. Tete 
nue, avec perruque poudree, il porte une robe de chambre ouvrant sur 
un gilet. Jabot de dentelles, culotte, bas et souliers. Au premier plan, 
k gauche, un fauteuil ou sont poses une epee et un cahier ouvert. Plus 
loin, du meme cote, une table sur laquelle on apercoit un buste, un 
cahier de musique et un violon. Au fond, une draperie qui masque en 
partie la fenetre derriere le personnage. 

Composition manifestement inspiree de Testampe celebre de Rem- 
brandt : Jan Six, 164J (Bartsch. 285). 

Toile. Haut., 26 cent.; larg., 21 cent. 

Grave a I'eau-forte par Watelet. 

L'attribution a Greuze de ce sujet est due a une note manuscrite, ecrite anciennement 
au bas d'une epreuve du second etat de la gravure de Watelet, conservee au Cabinet des 
Estampes (Ef. 4). Cette note, fort longue, commence ainsi : « Cette estampe est gravee par 
M. Watelet..., d'apres un dessin du celebre Greuze... » Elle est recopiee presque entierement, 
d'une ecriture deja ancienne, sur une etiquette collee au dos du present tableau. 

Cf. Smith, Catalogue raisonne, etc. (London, 1837), t. VIII, p. 484. Greu:^e, n' i34; — J. Martin, 
CEuvre deJ.-B. Greuze, etc., op. cit., p. 77, cat., n* 1260 (le dessin) et p. 1 13 (la gravure). 

Litterateur, dessinateur et graveur, C.-H. Watelet (1718-1786), I'ami de Marguerite Le 
Comte (voir le n* 78 du present catalogue. Pastels), fut I'un des amateurs les plus eclaires 
du xviii* siecle. Receveur general des finances (1740), il fit partie de I'Academie franfaise et 
de I'Academie de peinture. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpte et dore; du genre rocaille, a coquilles 
et guirlandes de fleurettes, avec fronton. 

GUARDI 

(FRANCESCO) 
Venise, 171 2 -]-Venise, 1793 

Venise, La Salute et la Douane. 

De I'autre cote du Grand Canal, anime de gondoles, on apercoitC> 
Feglise Santa Maria della Salute; puis, vers la gauche, les batiments 
de la Douane de mer ; enfin, de ce meme cote, derriere une rangee 
de bateaux, arretes a I'entree du Grand Canal, les maisons du quai des 
Esclavons. 

Toile. Haut., 34 cent.; larg., 53 cent. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpt^ et dor^, a coquilles, rinceaux 
et fleurettes, avec fronton. 






56 COLLECTION JACQUES DOUCET 



^ 



oO 



GUARDI 

(FRANCESCO) 



/5^ 

Venise. La Scuola di San Marco, 

Devant la facade, richement sculptee et couronnee d'arcatures, de 
ce batiment devenu aujourd'hui Thopital civil, on a eleve des construc- 
tions en bois, des series d'escaliers aboutissant a une terrasse, formant 
loggia, situee au-dessus de la porte d'entree de Tedifice. C'est cet aspect 
inaccoutume d'un coin de Venise bien connu, qui est ici represente. La 
partie droite de la facade recoit Tombre portee par I'eglise voisine 
(SS. Giovanni e Paolo). Devant Thopital s'etend la place, animee de 
nombreux promeneurs. A I'arriere-plan, a gauche, le depart du petit 
pont qui traverse le canal voisin. Ciel bleu avec de legers nuages blancs. 

Toile. Haut., 62 cent.; larg., 47 cent. 



Les constructions, masquant en partie la facade, chef-d'oeuvre des Lombardi, sont 
tres certainement celles qui furent elevdes a roccasion de la venue de Pie VI a Venise 
(i5 mai 1782). « Le Doge et la Seigneurie allerent au-devant du pape, qu'ils rencon- 
trerent aupres de la petite ile de San Giorgio. Pie VI, mont^ sur navire dore et accom- 
pagnd d'un riche cortege, fut conduit au monast^re des SS. Giovanni e Paolo, oil il 
s^journa... II demeura quatre jours a Venise et, avant de partir, le dimanche 19, jour 
de la Pentecote, il cel^bra la messe dans I'eglise des SS. Giovanni e Paolo et de la, 
sorti sur la place, il monta a une loggia sp^cialement construite et donna au peuple la 
benediction ». (Cf. P. Molmenti, la Storia di Venecia nella vita privata [Bergamo, 
1908], t. Ill, p. i65). 

Guardi a d'ailleurs reproduit ce dernier episode du s^jour du pape a Venise, en 
une peinture, aujourd'hui au musee de Stuttgart, oil la vue, prise du meme c6t^ de la 
place, mais embrassant un champ beaucoup plus etendu que dans le present tableau, 
comprend en plus, a gauche, le petit pont en son entier et les maisons de I'autre c6t^ 
du canal et, a droite, la fafade de Feglise des SS. Giovanni e Paolo et la statue c^lebre 
de B. Colleoni (repr. dans P. Molmenti, la Storia^ etc., op. cit., p. iSg). 

Cadre ancien, d'^poque R^gence, en bois sculpt^ et dord, a coquilles, rinceaux et 
torsades. 




159 




o 



i 



SCULPTURES, TABLEAUX 5/ 



GUARDI 

(FRANCESCO) 



^'"^ 



160 <t f 7 ^ ^^ 

Venise, Saint-Georges-Majeur. 

Sur le miroir de cette partie de la lagune dite le bassin de Saint- 
Marc, ou se refletent embarcations et constructions, au premier plan 
glisse une gondole se dirigeant vers la droite. De ce meme cote, deux 
bateaux dressent leurs mats vers le ciel; a gauche, d'autres barques. 
A Tarriere-plan, vers la gauche, I'lle de Saint-Georges-Majeur, avec 
les batiments du monastere, I'eglise, precedee d'une place, avec sa 
facade et son dome, et, en arriere, le campanile. Au fond, au centre, la 
pleine mer. A droite, I'entree de la Giudecca, avec un b&timent sur- 
monte d'un campanile et, plus loin, la facade plate d'une eglise coiffee 
d'un dome. Ciel mouvemente, avec de legets nuages. 

Toile. Haut., 34 cent.; larg., 53 cent. 
Cadre de style Louis XV, en bois sculpt^ et dore, a coquilles, rinceaux et fleurettes. 



i5 



58 COLLECTION JACQUES DOUCET 



1 



GUARDI 

(FRANCESCO) 

aO 161 

Venise. Fondamenta Santa Lucia 
et San Simeone Piccolo. 

Au premier plan, le Grand Canal sillonne de gondoles. De la droite 
vers le fond, le quai dit Fondamenta Santa Lucia (ou se trouve actuel- 
lement la gare du chemin de fer), avec la facade plate d'une eglise. 
A gauche, Tautre cote du Grand Canal, avec Teglise San Simeone 
Piccolo, dont on apercoit le portique, precede d'un escalier, et un peu 
du dome. Les quais sont animes de nombreux personnages. Ciel 
mouvemente. 

Toile. Haut., 84 cent.; larg., 53 cent. 
Cadre de style Louis XV, en bois sculpt^ et dore, a coquilles, rinceaux et fleurettes. 




CO 



SCULPTURES, TABLEAUX 59 



GUARDI 

(FRANCESCO) 

162 j^i^oo^ 

Venise. La Piazzetta. 

Sur la place, animee de nombreux promeneurs, se dressent les 
deux colonnes surmontees, Tune du lion de saint Marc, Tautre de 
saint Theodore sur son crocodile. A gauche. Tangle du palais ducal. 
Par dela le quai ct le bassin de Saint-Marc, ou quelques bateaux 
montrent leurs voiles, on apercoit au fond, a gauche, Tile de Saint- 
Georges-Majeur; au centre, la pleine mer; a droite, I'entree de la 
Giudecca avec le campanile d'une eglise. 

Toile. Haut., 28 cent.; larg., 38 cent. 



Pendant du numero suivant. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XV, en bois sculpte et dore, a rinceaux et coquilles 
dans les angles. 



Il 



6o COLLECTION JACQUES DOUCET 

GUARDI 

(FRANCESCO) 

163 ^^0 

Venise. La Giudecca. 

Au dela du canal de la Giudecca, sillonne de gondoles, s'etend 
un quai, montant de la gauche vers la droite, anime de promeneurs. 
Dominant les maisons, une eglise avec une facade surmontee de deux 
clochetons en avant d'un dome. Au premier plan, a gauche, un bateau 
au mat duquel flotte un drapeau rouge qui se detache sur le ciel. 



Toile. Haut., 28 cent.; larg., 39 cent. 



Pendant du numero precedent. 



Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpte et dore, a rinceaux et coquilles dans 
les angles. 



GUARDI 

(FRANCESCO) 

Venise. Le Palais ducal. [ 
L'Escalier des Geants. 

Par les arcades d'une galerie ouverte, on apercoit la cour du Palais 
ducal, animee de promeneurs. Montant du centre vers la droite, 
Tescalier des Geants conduit au premier etage. Sur la terrasse couron- 
nant les bailments du fond, deux personnages sont occupes a tendre 
une etofte rouge sur le balcon. 

Toile. Haut., 14 cent.; larg., 1 1 cent. 

Collection ^tienne Arago (Vente k Paris, 24 mai 1899) : « 8. Guardi. Escalier des Geants, 
a Venise, Toile, 14x11 cent. » 

Cadre ancien, d'epoque Louis XIV, en bois sculpte et dore, k rinceaux et palmettes. 



■.i«Mi» gr"^^ g$ 








165 



SCULPTURES, TABLEAUX 6i 



LARGILLIERE 

(NICOLAS DE) 
Paris, 1 656 -}- Paris, 1746. 



lyiyO^ 



i65 

Portrait d'un inconnu, 

Vu a mi-corps, de trois-quarts a droite, la tete presque de face, il 
regarde le spectateur. II porte la haute perruque a boucles tombant sur 
les epaules. II est vetu d'un habit de velours brun, double de satin 
couleur chaudron, sur un gilet gris argent a broderies d'or, s'ouvrant 
sur une chemise bordee de dentelles, qui laisse le cou nu. De I'ouver- 
ture du gilet s'echappe un ruban rose. Un manteau, de meme couleur 
que I'habit et double de meme, couvre I'epaule droite, passe derriere 
le dos et revient en travers devant le personnage. Dans le fond, a droite, 
une colonne derriere laquelle on apercoit un bouquet d'arbres se deta- 
chant sur le ciel. 

Toile. Haut., 81 cent.; larg., 64 cent. 



Cadre ancien, d'epoque Regence, en bois sculpte et dore, a coquilles, rinceaux, 
torsades et palmettos. 



16 



62 COLLECTION JACQUES DOUCET 






/ 



LAWRENCE 

(SIR THOMAS 
Bristol, 1769 -j- Londres, i83o. 



1/ 
/ 166 



? 



Portrait de jeune fiUe. 

En buste, le corps vu de face, la tete de trois-quarts et regardant k 
droite, un peu renversee en arriere, elle est coiflfee d'un bonnet a nceud 
rose, d'ou s'echappent ses cheveux bruns. Elle est vetue d'une robe 
grise, decolletee, serree sous la gorge par un ruban de meme couleur 
formant ceinture. Les bras, coupes au-dessus du coude par le cadre, 
tombent le long du corps. 

Toile. Ovale. Haut.,72 cent.; larg., 39 cent. 



Cadre ancien , de la fin de I'epoque Louis XVI, en bois sculpt^ et dore, avec 
ornements de m^tal dore; de forme ovale, a rinceaux et feuilles plates. 




166 



h 




167 



SCULPTURES, TABLEAUX 63 



LAWRENCE 

(SIR THOMAS) 

167 I j'lyOC^ 

Portrait de jeune femme. 

En buste, dans un medallion ovale, la tete de trois-quarts et 
regardant vers la gauche, un ruban bleu serrant les cheveux noirs. 
Au cou, un mince ruban de velours noir. Indication de costume, a peine 
ebauche. 

Toile. Haut., 63 cent.; larg., 54 cent. 
Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore. 



LERICHE 

FRANCOIS-SEBASTIEN 
Seconde moitie du xviii" siecle. 

168 



Vase de fteurs, ^ 



^y 



Sur une table, couverte d'une etoffe rouge a franges d'or, est pose 
un vase de pierre blanche, a ornements sculptes, d'ou s'echappent et 
retombent des branches fleuries. Au pied du vase, vers la droite, 
gisent un carquois, rempli de fleches, et un arc, que reunit une petite 
couronne de roses blanches, 

Toile. Ovale. Haut., 91 cent.; larg., 63 cent. 



a 



64 COLLECTION JACQUES DOUCET 



NATTIER 

(JEAN-MARC) 
fi . -—^ Paris, 1 685 f Paris, 1766. 

/ ^ Portrait de jeune femme. 

En buste et vue de face, elle regarde le spectateur. Les cheveux 

bruns, ornes de perles, sont releves en arriere, decouvrant le front, 

et tombent en boucles dans le cou, une meche glissant jusque sur la 

poitrine, vers I'epaule gauche. Le corsage decollete, borde de mous- 

N seline plissee, est garni de perles. Sur le bras gauche, un noeud de 

K f)^^ ruban rose. Un large ruban chiffonne, d'un bleu tendre, formant 

fi (J draperie, descend de Tepaule droite, en travers, devant la poitrine. 

Fond de ciel d'un gris bleu. Au-dessus de I'epaule gauche, une branche 

de feuillage, derriere laquelle on apercoit un bouquet d'arbres. 

Toile. Ovale. Haut., Sg cent.; larg., 49 cent. 

Repr. dans P. de Nolhac, /.-M. Nattier (Paris, 1905), p. 118, Dame inconnue. 
Cf. P. de Nolhac, Nattier, etc., op. cit. (igoS), p. 143. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpte et dore, a coquilles, rinceaux, torsades 
et fleurettes. 



1^ 



0«^ 



NATTIER 

-J (Attribue a JEAN -MARC) 

1J0 

Portrait d*un officier. 



Vu a mi-corps, de profil a gauche, la tete de trois-quarts, regardant 
en face. La tete est nue ; les cheveux rejetes en arriere, noues d'un 
ruban noir; les meches flottant derriere le dos. Le cou pris dans une 
cravate de lingerie, il est revetu d'une armure en acier bruni, damas- 
quine d'or. Au cote gauche, la croix de Make. Sur la cuirasse, en sau- 
toir, un ruban d'un bleu fonce va rejoindre la ceinture de sole blanche 
qui bouillonne autour de la taille. Les bras, tombant le long du corps, 
sont coupes par le cadre un peu au-dessous du coude. Dans le fond, 
a gauche, on apercoit des feux allumes. 

Toile. Haut., 81 cent.; larg., 64 cent. 
Cadre ancien, d'epoque Louis XIV, en bois sculpt(5 et dore, a rinceaux et palmettes. 




169 



SCULPTURES, TABLEAUX 65 



PATER 

(JEAN-BAPTISTE-JOSEPH) 
Valenciennes, 1695 •[- Valenciennes, 1736. 



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a^ 



17^ I Q L f 



(Jd 



Scene de camp. 



Au centre de la composition, une jeune femme assise, la tete 
tournee vers la gauche, se defend contre les entreprises d'un jeune 
homme, tete nue, agenouille a sa droite. A gauche de ce groupe, deux 
soldats — Tun en bleu, la main gauche sur Tepee, la droite dans 
le gilet ; I'autre, un peu en arriere, tenant de la main gauche une pipe 
a la bouche, — considerent cette scene, a laquelle pretent egalement 
attention, de Tautre cote de la jeune temme, un soldat assis, vu de face, 
accoude sur le bras droit et tenant son fusil de la main gauche, et 
encore, derriere celui-ci, un autre soldat, place en contre-bas et dont 
on n'apercoit que le haut du corps. Derriere le groupe principal, une 
jeune femme, en corsage jaune decollete, est lutinee par deux soldats. 
A droite, au premier plan, une jeune femme, vue de dos, avec deux 
enfants et un chien. Derriere elle, un personnage debout, s'appuyant 
sur un fusil. A I'arriere-plan, a gauche, une femme agenouiilee, vue 
de dos, active un feu, sous un chaudron suspendu au pied d'un arbre 
auquel est attachee une toile formant tente, soutenue a son autre extre- 
mite par des piquets. Au fond, au centre, divers personnages, dont un 
couple dansant. Toute cette scene se passe dans une clairiere que 
ferment a droite et a gauche des bouquets d'arbres laissant voir, par 
une large echancrure, un ciel bleu avec de legers nuages blancs. 

Bois. Haut., ib cent.; larg., 3i cent. 



La m^me composition, avec quelques variantes, se retrouve dans un autre tableau 
de Pater, le Campement (T. o">,44Xo'",54), qui, avec son pendant, I'Arrivee au camp, 
a fait partie de la collection de Beurnonville, puis de la collection Tabourier (vente a 
Paris, les 20-22 juin 1898, no^ 106 et 107 ; tous deux reproduits dans le catalogue). 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpte et dor^, a coquilles, rinceaux 
et feuillages. 

17 



66 COLLECTION JACQUES DOUCET 



/« 



PERRONNEAU 

(JEAN-BAPTISTE) 
T\ Paris, 171.S •}- Amsterdam, 1783. 

r. C Portrait presume 

de Madame Blondel d'Azincourt. 

Vue a mi-corps, de trois-quarts a droite et regardant en face, la 
tete, aux cheveux poudres, recouverte d'une coiffe de dentelles a rubans 
bleus, un rang de perles autour du cou, elle est vetue d'un manteau a 
capuchon de couleur bleu ciel, a pois, borde de fourrure, retenu par 
un ruban de meme couleur, noue au cou. Le corsage bleu decollete est 
recouvert d'un fichu transparent a rayures blanches. La main droite, 
gantee de blanc, est engagee dans un manchon de fourrure. 

Signe en haul, a droite : Perronneau, i jGd. 

Toile. Haut., 78 cent.; larg., 62 cent. 



Pendant du numero suivant. 

Repr. dans L. Vaillat et P. Ratouis de Limay, J.-B. Perronneau (Paris, 1 900), pi. 20. 

D'aprfes MM. Vaillat et Ratouis de Limay, ce serait probablement le portrait de 
Catherine-Charlotte Edm^e de la Haye des Fosses, — fille de Salomon de la Haye, 
sieur des Fosses, conseiller secretaire du roi, etc., et de Marie-Therese Bourgeoin, — 
qui ^pousa, le 11 ddcembre 1752, Barth^lemy-Augnstin Blondel d'Azincourt, dont il 
sera parl^ au numero suivant. Elle mourut a Paris, le 14 avril 1808. 

Cf. L. Vaillat et P. Ratouis de Limay, Perronneau, etc., op. cit., pp. 43, 44, loi et 142, cat. n* 1 1 1. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XV, en bois sculpt^ et dore, a coquilies, torsades et 
fleurettes. 




172 




173 



SCULPTURES, TABLEAUX ^i 



PERRONNEAU 

(JEAN-BAPTISTE) 



^^.'^^^ 



Portrait presume 
de Blondel d'Azincourt. 

Vu a mi-corps, de trois-quarts a gauche, il regarde en face. II porte 
la petite perruque poudree, nouee d'un ruban noir. Une cravate de 
lingerie blanche serrant le cou, il est vetu d'un habit de velours noir, 
sur un gilet rouge, qui s'ouvre sur un jabot de dentelles. Tenant son 
tricorne sous le bras gauche, il a la main droite engagee dans I'ouver- 
ture du gilet. Au cote gauche de Thabit, Tinsigne de la decoration du 
Saint-Esprit est suspendu a un ruban rouge. 

Toile, Haut., 78 cent.; larg., 62 cent. 



Pendant du numdro precedent. 

Repr. dans L. Vaillat et P. Ratouis de Limay, Perronneau, etc., op. cit., pi. ig. 

Suivant MM. L. VailKit et P. Ratouis de Limay, nous aurions ici le portrait de 
Barthelemy-Augustin Blondel d'Azincourt, lieutenant-colonel d'infanterie, capitaine 
au regiment de Normandie, chevalier de Saint-Louis, intendant des Menus-Plaisirs 
(1754-175-) et garde des pierreries de la Couronne, qui signa au contrat de mariage 
de Perronneau en 1754. Fils d'Augustin Blondel de Gagny, collectionneur de dessins 
et de coquillages, dont le cabinet fut disperse, en 1776, par Pierre Remy, et de 
Henriette-Marguerite Barbier, Blondel d'Azincourt fut lui-mSme un amateur repute de 
tableaux, de dessins — dont pres de cinq cents par Boucher, — de pierres gravees 
antiques, de bronzes, porcelaines, laques, mineraux et coquilles, dont la vente eut 
lieu en 1783. Ne en 171 9, il mourut a Paris, le i3 prairial an II (!«■■ juin 1795). 

Cf. L. Vaillat et P. Ratouis de Limay, op. cit., p. 43, loi et 142, cat. n" 1 10. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XV, en bois sculpte et dor^, a coquilles, torsades et 
fleurettes. 



68 COLLECTION JACQUES DOUCET 






REYNOLDS 

i 
^H (SIR JOSHUA) 

] J \^ Plympton, 1723 -J- Londres, 1792. 

Omiahy indigene de O' Tahiti. 



En buste, la tete nue, aux cheveux noirs crepus, au nez epate et 
^ '^ ^ aux levres epaisses, de trois-quarts et regardant a gauche. Gravate de 

lingerie blanche autour du cou. Vetement a peine indique. Fond de 
ciel nuageux. 

Toile. Haut., 81 cent. ; larg., 64 cent. 



Probablement une des dtudes que Reynolds peignit d'apr^s le Tahitien Omiah, 
dont il exposa, en 1776, a la Royal Academy, le grand portrait, maintenant au comte 
de Carlisle. Celle-ci est peut-etre le portrait inacheve qui fit partie du lot n° 144, dans 
la vente faite a Londres, chez Christie, le 16 juillet 18S1 (cf. Algernon Graves and 
W. Vine Cronin, if wfor^ of the works of Sir Joshua Reynolds[LondQn, 1899], pp. 707 
et 708). 

Omiah, indigene de O'Tahiti, avait ete amene de Whieta, par le capitaine Fur- 
neaux, surl'« Aventure », le compagnon de route du navire « Resolution » du capitaine 
Cook, dans le second voyage de celui-ci. Prdsente au roi, des son arrivee a Londres, 
Omiah fut pendant un moment « le lion du jour». Reynolds, qui eut a maintes 
reprises I'occasion de le rencontrer dans les maisons ou il 6tait re^u , peignit son 
portrait en 1775 (cf. Ch.-R. Leslie and Tom Taylor, Life of Sir Joshua Reynolds 
[London, i865], t. II, pp. 104 et suiv.). 

Cadre ancien, d'epoque Louis XV, en bois sculpt^ et dor^, a coquilles, rinceaux 
et fleurettes. 




174 




1 75 



SCULPTURES, TABLEAUX 69 



ROBERT 

(HUBERT) 
Paris, 1733 t Paris, 1808. 



Paysage et Ruines. 



cJ 
^1 ^^ 



Au centre de la composition, une femme penchee en avant, vers 
la droite, lave son linge dans le bassin d'une fontaine, surmontee d'un 
vase, orne de reliefs, pose sur un piedestal architectural, d'ou Teau 
jaillit d'une gueule de lion. Devant le bassin, un garconnet k plat ventre 
aupres d'un panier de linge; derriere le bassin, une femme tenant de 
la main gauche un paquet de linge et faisant, de la droite, un geste a 
un chien qui se trouve un peu a gauche, pres d'une hotte de linge. 
Devant la fontaine, vers la droite, un homme, debout et vu de face, 
coiffe d'un grand chapeau, drape dans un manteau rouge et s'appuyant 
des deux mains sur un baton, retourne la tete vers le groupe principal, 
en arriere duquel se dresse un pin-parasol dont la cime se detache sur 
le ciel. Au fond, un rideau d'arbres, coupe par une route ou Ton 
apercoit une femme debout et, plus loin, une autre montee sur un 
ane. A gauche, derriere un pli de terrain, le faite d'un petit temple 
cache dans la verdure. 

Toile. Haut., i m. 65; larg., i m. 41. 



Collection de M™* la marquise du Plessis-Belliere, nee de Pastoret (Vente a 
Paris, lo-i i mai 1897, n° 75). 

Ct. P. de Nolhac, //M^erf /?o6erf (Paris, i9io),p. i5i. 



18 



■JO COLLECTION JACQUES DOUCET 



l) 



ROBERT 

(HUBERT) 



x/? 1^ 



1^' 

Le Pare de Saint-Cloud. 

,, Un large escalier mene a une terrasse ou Ton apercoit une allee de 

, r o ^J verdure et un jet d'eau. A droite, la facade laterale d'un palais, avec une 

^ fontaine, ou Teau tombe, de deux vasques successives, dans un bassin, 

et un balcon avec plusieurs personnages. A gauche, un bouquet d'arbres, 
et, en haut des marches, de ce cote, une statue. Au pied de I'escalier, 
au centre, une jeune femme assise, avec, sur les genoux, un enfant a 
qui elle montre un chien couche aupres, a gauche. De ce meme cote, 
deux dames, Tune en bleu, Tautre en rose; un homme, en habit 
rouge, qui descend vers elles ; une dame, en robe mauve, plus haut 
sur I'escalier, et, au premier plan, un jardinier, vu de dos, portant deux 
arrosoirs, contemplent ce groupe. Au depart de Tescalier, a droite, un 
peintre, vetu de rouge, assis, de profil a gauche, dessine, un carton 
sur ses genoux, son tricorne pose a terre aupres de lui. Au bas des 
marches, k gauche, une caisse d'oranger. Au premier plan, de ce meme 
cote, des poules. 

Signe, sur la premiere marche, vers la droite, au-dessous du peintre 
dessinant : H. F. Robert, ij6o. 

Toile Haut., 77 cent.; larg., 99 cent. 



Cadre de style Louis XVI, en bois sculptd et dor6; baguette a feuilles plates et 
pedes. 



i 



ll 



SCULPTURES, TABLEAUX 71 



ROBERT 

(HUBERT) ^^ ^"^^ 

Vue de Vincendie du Theatre de V Opera 
au Palais-Royal en iy8i , 

Des blitiments du Palais-Royal, qui occupent le centre de la compo- 
sition, monte une epaisse fumee qui se rabat sur la gauche. A droite, 
le ciel est reste clair. Maintenue a distance par les barrieres qui 
entourent les pelouses du jardin, la foule, occupant tout le premier plan, 
considere ce spectacle. De I'autre cote de ces barrieres et devant les 
batiments incendies, on apercoit quantite de personnages. 

Toile. Haut., 85 cent.; !arg., i m. 04. 



Au dos, imprimee sur la toile, cette inscription : Incendie de la salle de I'Opera, au Palais- 
Royal, Jj8i, «° 616. 

Collection du due de Montpensier. 

Repr, dans Societe d'iconographie parisienne (1908), fasc. I, pi. VL 

L'incendie de I'Opera eut lieu le 8 juin 1781. Hubert Robert exposa au Salon de cette 
meme annee, sous le « n° 94, deux tableaux representant l'incendie de I'Opera, vu d'une croisee 
de I'Academie de peinture, place du Louvre ; et I'autre, VInterieur de la salle, le lendemain 
de l'incendie. Ces morceaux, de 6 pieds de large sur 4 et demi de haut, appartiennent a 
M. Girardot de Marigny. » Ces deux tableaux ont disparu; deux petites peintures du musee 
de I'Opera en paraissent les reductions. C'est a tort que le tableau n" i5o, du musee Carna" 
valet, passe pour representer le meme sujet; il n'a rien de commun avec l'incendie de I'Opera 
en 1781. 

Cf. Rene Farge. L'incendie de I'Opera en lySi, Societe d'iconographie parisienne (1908), 
I'* annee, fasc. I, pp. 17, 18 et 27. 

Cadre ancien, d'epoque Regence, en bois sculpte et dore, a coquilles, palmettes, rinceaux 
et fleurettes. 



72 COLLECTION JACQUES DOUCET 



ROBERT 

-i (HUBERT) 

Les Laveuses. 

Entre deux rangees de hauts sapins, une fontaine, qui se deverse 
en cascades, vient alimenter un bassin, dans lequel des femmes lavent 
leur linge. De chaque cote du bassin, deux lions, sur un socle, crachant 
de I'eau et, plus loin, devant les sapins, une statue sur un piedestal. Au 
premier plan, a gauche, deux femmes, les bras leves, se dirigent vers la 
droite, precedees d'un chien. A droite, au premier plan, une femme 
assise, avec un enfant sur les genoux et, aupres d'elle, une petite fille 
vetue de rouge, agenouillee. Sur le cote de la fontaine, dominant les 
cascades, vers la droite, on apercoit des femmes lavant leur linge, et 
d'autres personnages. 

Bois. Haut., 72 cent.; larg., 60 cent. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore ; baguette a oves et raies de 
coeur. 



ROBERT 

(HUBERT) 

0^ 



1' 



179 
Le Troupeau dans les rochers. 



Dans un chemin, parmi des rochers, un troupeau de moutons 
descend vers la droite. Au premier plan, de ce cote, un homme tenant 
son chapeau de la main gauche et un b^ton de la droite, se precipite 
pour empecher la tete du troupeau de se debander. Plus loin, vers le 
centre, un chien. A droite, sur un rocher, deux femmes, dont Tune 
tient un baton, contemplent cette scene. Dans la haute muraille, que 
forme la falaise, au fond, sont percdes deux ouvertures. Dans celle de 
gauche, on voit s'engager une charrette. Sur une roche, a Tarriere-plan, 
^droite, quatre personnages. Au-dessus, Techappee du ciel. 

Toile. Haut., 44 cent.; larg., 55 cent. 

Cadre ancien, d'epoque Regence, en bois sculpte et dore, k rinceaux, avec coquilles dans 
les angles. 




1 78 




180 



SCULPTURES, TABLEAUX 



ROBERT 

(HUBERT) 
180 

Ruines antiques. 



rT O'O^"^ 



A droite, on apercoit un obelisque en ruines. Sur Taiguille, gisant 
a lerre au premier plan, sont deux personnages, I'un assis, Tautre 
debout. A gauche, derriere un pli de terrain, un arc de triomphe 
remain, couronne de verdure, sous lequel passent d'autres personnages, 
conduisant des boeufs et des mules. Au premier plan, a gauche, une 
base de colonne. • 

Signe sur la base de I'obelisque : H. Robert, anno D. ijjS. 

Toile. Ovale. Haul., 41 cent.; larg., 33 cent. 

Pendant du num^ro suivant. 

Collection Miallet. (Vente a Paris, 9-10 juin 1902, n°35, Ruines et Figures^ deux 
pendants.) 

Repr. dans le catalogue de cette vente, p. 6. 
Cf. P. de Nolhac, Hubert Robert, etc., op. cit., p. i56. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XVI, en bois sculpte et dore ; de forme ovale. 



19 



74 COLLECTION JACQUES DOUCET 



> 



J 

V 



0^*^ 



ROBERT 

(HUBERT) 
181 

Palais italien. 



A droite, la facade laterale d'un palais en ruines, a la loggia 
duquel conduit un large escalicr, anime de petits personnages. A 
gauche, un arbre et, au fond, de cc cote, un temple antique et un 
obelisque, devant un rideau de verdure. Au premier plan, une mare. 
Ciel mouvemente. 

Toile. Ovale. Haut., 41 cent. ; larg., 33 cent. 



Pendant du num^ro precedent. 

Collection Miallet. (Vente a Paris, 9-10 juin 1902, no 35, Ruines et Figures^ deux 
pendants.) ) \^ '-M^ 

Repr. dans le catalogue de cette vente, p. 6. 
Cf. P. de Nolhac, Hubert Robert, etc., op. cit., p. i56. 

Cadre ancien, d'dpoque Louis XVI, en bois sculptd et dor^; de forme ovale. 




181 




182 



SCULPTURES, TABLEAUX 75 



ROBERT 

(HUBERT) LJ 6 ^ 

182 

Interieur rustique. 

Dans un batiment rustique, dont le toit de chaume est supporte 
par des solives, un tonneau debout, pose sur un treteau, deverse son 
eau dans un chaudron, pres duquel sont deux enfants. A gauche, une 
jeune femme, avec un chien aupres d'elle, etend du linge. Au premier 
plan, a droite, un banc renverse et un chat sur un tabouret. Du meme 
cote, au fond, une porte sous une soupente. A gauche et au fond sont 
epars divers ustensiles, cruche, chaudron, etc. 

Signe sur le banc renverse : H. Robert. 

Toile. Ovale. Haut., 42 cent.; larg., 35 cent. 



Pendant du numero suivant. 

Cadre de style Louis XVI, en bois sculpte et dore; de forme ovale. 



76 COLLECTION JACQUES DOUCET 



u(fi 



ROBERT 

., (HUBERT) 

i83 



Architectures. 

Un large escalier, a deux paliers, conduit a un portique, ferme 
d'une grille, dont on voit deux arcades. Au centre de la composition, 
au pied d'une statue, un groupe forme d'un soldat romain et d'un jeune 
gar9on, vers lesquels se dirige un vieillard. A droite, une colonne sur- 
montee d'une statue. Du meme cote, au fond, un bouquet d'arbres. 
A gauche, sur I'escalier, une femme descend, precedee d'un chien. 

Toile. Ovale. Haut., 42 cent. ; larg., 35 cent. 



Pendant du numero prdcddent. 

Cadre de style Louis XV, en bois sculpte et dor^; de forme ovale. 







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183 



I 




00 



SCULPTURES, TABLEAUX 77 



ROBERT 

(HUBERT) J 

184 ^ 

La Grande Galerie du Louvre. 

C'est la vue perspective de la grande galerie du Louvre, dite 
aujourd'hui « du Bord de Teau ». EUe est eclairee par de larges ver- 
rieres, menagees dans la voute en berceau. Divisee dans sa longueur 
par des pilastres et des colonnes en marbre rouge, elle est ornee de 
statues dans des niches et les entre-colonnes. Aux murs sont suspendus 
des tableaux. Des artistes travaillent dans la galerie, oii se promenent 
de nombreux visiteurs en costume Directoire. 

Toile. Haul., 34 cent.; larg., 42 cent. 



Esquisse ou replique, avec variantes et dans de plus petites dimensions, d'un tableau qui 
fait partie de la collection de I'empereur de Russie aTsarskoie-Selo. 

Un sujet analogue : Galerie du Louvre en 1770, mais de plus grandes dimensions 
(o'n,47xo™,57), a passe dans la vente Baroilhet (Paris, i860, n° 12b; cf. P. de Nolhac, Hubert 
Robert, etc., op. cit, p. 128). Un autre, ou peut-etre le meme, fait partie de la collection 
Groult (repr. dans P. de Nolhac, Hubert Robert, etc., op. cit., p. 84, la Grande Galerie du 
Museum national, au Louvre). 

Au Salon de I'an V (1796), Robert exposait, sous le n" 892, un « Projet pour eclairer la 
Gallerie du Musee par la voute et pour la diviser sans oter la vue de la prolongation du local », 
et sous le n° 893, des <( Ruines, d'apres le tableau precedent ». Ce sont tres probablement les 
deux tableaux actuellement a Tsarskoie-Selo, representant I'un, — signale ci-dessus, — la 
Grande Galerie du Louvre, animee, comme ici, d'artistes et de promeneurs ; I'autre, des ruines 
ou Ton reconnait I'architecture de cette meme galerie, avec, parmi les decombres, VApollon 
du Belvedere et I'Esclave de Michel-Ange. 

A propos de ces diverses peintures, inspirees a Robert par la Grande Galerie du Louvre, 
il ne nous parait pas inutile de rappeler que cet artiste eut a s'occuper professionnellement, 
a diverses reprises, pendant une periode de plus de vingt annees, de I'organisation du Museum 
royal, puis national, et de son installation dans la Grande Galerie du Louvre. Lorsqu'en 
1778 M. d'Angiviller decida « I'etablissement de la Galerie du Louvre en depot des tableaux 
du Roi », Robert fit partie du comite nomme pour proceder a I'execution de ce projet et qui, 
entre autres determinations, se prononca pour I'eclairage de la galerie par les vitrages des 
plafonds, et lorsqu'en 1784 furent crees les « Gardes du Museum », Robert fut le premier 
appointe dans cette nouvelle charge. Depossede de ces fonctions a la chute de la royaute, 
notre peintre fut nomme, le 10 germinal an III (mai 1795), par le Comite d'instruction publique 
de la Convention, I'un des cinq membres composant le Conservatoire du Museum national, 
dont il se retira, en novembre 1802, avec un demi-traitement, apres avoir range dans la 
Grande Galerie du Louvre les tresors d'art ramenes d'ltalie par les armees de la Republique. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore. 

20 



} 



78 COLLECTION JACQUES DOUCET 



j ROBERT 

/ \^l/^ (HUBERT) 

i85 

Coin de pare. La Fontaine. 

Au premier plan, les dernieres marches d'un escalier conduisant a 
un rond-point d"ou partent des allees de verdure et dont le centre est 
occupe par un bassin. A gauche, une jeune femme vetue de blanc, se 
penche sur la vasque d'une fontaine surmontee d'une des statues entou- 
rant le rond-point. Ca et la, des promeneurs. 

Bois. Haut., 26 cent.; larg., 19 cent. 

Pendant du num^ro suivant. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XVI ; baguette en bois sculptd et dore. 




185 




186 



SCULPTURES, TABLEAUX 79 



ROBERT 



(HUBERT) _ ^ J 



186 

Coin de pare. Le Jet d'eau, 

Un escalier, anime de personnages, conduit a une terrasse ou Ton 
voit jaillir un jet d'eau sur le fond des arbres. De chaque cote de I'esca- 
lier, des fontaines ornees de statues couchees. Au premier plan, des 
jardiniers, sous la surveillance d'un chef en tricorne, transportent vers 
la gauche un oranger dans une caisse. A droite, un bouquet de sapins 
dont les cimes se detachent sur le ciel. 

Bois. Haut., 26 cent.; larg., 19 cent. 



Pendant du num^ro precedent. 

Un sujet analogue a passe dans la vente Saint (Paris, 1 846) : « 39. Un riche escalier 
en pierre conduisant a un pare et en avant duquel sont diverses figures d'hommes 
occupes a d^placer des Grangers. » (Cf. P. de Nolhac, Hubert Robert^ etc., op. cit., 
p. 125). 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI ; baguette en bois sculpt^ etdor^. 



8o COLLECTION JACQUES DOUCET 



ROMNEY 

J (GEORGE) 

1 1^ Dalton (Lancashire), 1734-1- Kendal, 1802. 

^ ^ 187 

Portrait de jeune fiUe. 

Tete tournee de trois-quarts et regardant a gauche. Cheveux 
blonds. Le cou nu. Sur Tepaule droite, Tindication d'un corsage rouge 
que recouvre une draperie blanche. Vetement a peine indique. 

Ebauche. 

Toile. Ovale. Haut., 55 cent.;larg., 47 cent. 



Cadre ancien, d'^poque Louis XVI, en bois sculpte et dor6; de forme ovale, avec 
fronton forme d'une corbeille et de guirlandes de fleurs. 




187 




00 

00 



SCULPTURES, TABLEAUX 



SAINT-AUBIN 

(GABRIEL DE) 
Paris, 1 72 4. "1- Paris, 1 780. 

188 

V Academic particulierc, J % 0^ 

Sur une chaise longue, couverte en velours d'un bleu verdatre et 
qui porte au haut du dossier un croissant, une jeune femme nue est 
elendue, de droite a gauche, la tete renversee en arriere et appuyee 
sur la main gauche, la main droite posee sur la hanche du meme cote, 
la jambe gauche repliee sous la droite allongee. Le coude gauche porte 
sur une draperie de sole grise tombant jusqu'a terre, qui recouvre en 
partie un tabouret charge de coussins. A gauche, au premier plan, un 
jeune peintre, de profil a droite, tete nue, la petite perruque serree par 
un ruban noir, vetu d'un habit de velours rouge, dessine, assis, la 
jambe droite allongee, un carton pose sur les genoux. Des tableaux 
encadres couvrent le mur du fond. A gauche, derriere I'artiste, une 
toile, d'un gris bleuatre, sur un chevalet. Derriere le modele, une che- 
minee, sur la tablette de laquelle est posee une palette, avec ses pinceaux, 
sur un chiffon. Au-dessus de la cheminee, une glace ou se refletent les 
rayons, charges de livres, d'une bibliotheque. 

Bois. Haut., 17 cent.; larg., 27 cent. 

Feint vers 1773-1775. 

Vente anonyme, faite a I'hotel d'Aligre, le 17 fevrier 1777, et composee d'oeuvres d'art 
provenant en partie des collections de Mm* du Barry, n" iS5. 

Grave a I'eau-forte par G. de Saint-Aubin (cat. Baudicour, no 23). La gravure porte a 
gauche, dans la marge, sous le trait carre, de SK Aubin f. et au milieu I'Academie particuliere. 

Repr. dans la Revue de I'art (1912), t. I, p. 12. 

11 existe de ce tableau une premiere pensee ou replique, a I'aquarelle, de la grandeur 
« d'une carte de visite » (0^,09-0™,! i), decrite par Goncourt, qui I'indique comme signee et 
datee de 1773, et qui a passe dans la vente Destailleur (1893), cat. n" 112, piece 4.S, — avec la 
date 1776. 

Cf. P. de Baudicour, Le Peintre-Graveur francais (Paris, 1 859), I, p. 116; — Goncourt. L'Art, etc., 
op. cit., t. I, pp. 373 ct 422; — E. Dacier, Gabriel de Saint-Aubin, peintre, Revue de I'art (1912), t. li 
pp. 12 et 1 3. 

Cadre ancien, d'dpoque Louis XV, en bois sculpte et dore; avec fronton moderne, 
portant les armoiries de la du Barry, avec sa devise : Boute\ en avant. 



82 COLLECTION JACQUES DOUCET 



SAINT-AUBIN 

(Attribue a GABRIEL DE) 



189 
^ ' ' Un Mont-de-piete. 






Dans une vaste salle, pavee d'un carreau a damier et eclairee a 
gauche par une fenetre, sont reunis de nombreux personnages. Au 
premier plan, k droite, un homme debout, les jambes croisees, se tient 
la tete. Vers le centre de la composition, un homme, appuye sur une 
canne, s'en va vers la gauche, un papier a la main. Devant lui, a gauche, 
une femme, vue de face, en manteau jaune et robe bleue, la tete cou- 
verte d'un fichu blanc ; derriere celle-ci, un couple, — la femme en 
robe jaune a rubans bleus, I'homme en habit rouge, — se dirigeant 
vers la gauche. Au premier plan, de ce cote, une femme, vue de dos, 
assise dans un fauteuil, lit un papier. Aupres d'elle, un groupe de per- 
sonnages : I'un assis, botte, en habit rouge, portant le grand cordon de 
Saint-Louis ; les deux autres debout, conversant ensemble. Sur la droite, 
derriere des comptoirs, une cloture a claire-voie. Au fond, k gauche, 
des personnages, derriere une table, recoivent les papiers qu'on leur 
apporte. 

Toile. Haut., 19 cent.; larg., 3o cent. 



Le sujet de cette composition est encore ind^termin^. M. Dacier, qui a fait des 
peintures de G. deSaint-Aubin une 6tude particuliere, — sans se prononcer sur le bien 
fond^ de I'attribution de celle-ci, — y voit « les bureaux d'un Mont-de-pi^t^ ou peut- 
etre la salle de la Monnaie dans laquelle le public deposait sa vaisselle d'argent, a la 
fin de 1759, en vue de subvenir aux frais de la guerre ». 

Cf. E. Dacier, Gabriel de Saint-Aubin, etc., Revue del' Art, op. cit., p. 192. 

Cadre de style Louis XV, en bois sculpt^ et dor^, a coquilles, rinceaux et fleurettes. 




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190 



SCULPTURES, TABLEAUX 



83 



VIGEE-LE BRUN 

(LOUISE- ELISABETH) 
Paris, 1755 -{- Paris, 1842. 

Madame Grants 
plus tard Princesse de Talleyrand. 

Assise dans un fauteuil de velours vert, la t^te de trois-quarts a 
gauche et legerement renversee, elle leve les yeux au ciel. Le bras droit 
est appuye sur un coussin de velours vert, la main tenant un feuillet 
de musique. Un ruban bleu est noue dans la chevelure blonde, legere- 
ment poudree, dont les boucles retombent sur les epaules. Elle est 
vetue d'une robe decoUetee grise, avec des rubans bleus au corsage. 

Signe a gauche, sur le dossier du fauteuil : L.-E. Le Brun, ijSS. 

Toile. Ovale. Haut., 91 cent.; larg., 72 cent. 

L'ecart dans les dimensions empeche d'identifier siirement ce tableau avec celui 
expose au Salon de 1783 : « 117. Portrait de M^e Grant. Ovale, de 3 pieds 10 pouces de haut 
sur 3 pieds 2 pouces de large. » 

Repr. dans Lady Dilke, French painters, etc., op. cit. p. i58, /a Princesse de Talleyrand; 

— P. de Nolhac, Af'we Vigee-Le Brun, etc. (Paris, 1908), p. 36 (pi. en cou\.),M"'e Grant, etc.; 

— le meme ouvrage (Paris, 1912), p. 46 (meme titre). 

II existe de ce portrait une heliogravure en couleur, d'assez grande taille, — publiee en 
Angleterre, croyons-nous — en vente chez les marchands d'estampes. 

Suivant M. de Nolhac, M'"^ Vigee-Le Brun a peint « la belle M"'» Grant, un jour princesse 
de Talleyrand » a trois epoques de sa vie. — II existe un autre portrait du meme personnage 
dans une pose assez semblable, coupe de meme et egalement en ovale, par Mn>e Vigee-Le Brun, 
mais d'une date manifestement posterieure. Ce tableau, qui fait partie ^e la collection de 
M. Vernhette, a figure a I'Exposition des portraits de femmes et d'enfants (Paris, 1897), et 
est reproduit dans A. Dayot, I'Image de la femme, etc., op. cit. p. 3i2. 

Nee aux Indes, fiUe d'un nomme Worley, capitaine du port de Pondichery, mariee des 
I'age de quinze ans a un Suisse, M. Grant, residant k Chandernagor et a Calcutta, mais venue 
de bonne heure en Europe, M""* Grant, dont il est maintes fois question dans les memoires 
anecdotiques de I'Empire, avait eu deja des succes de beaute a Calcutta et a Londres, quand 
elle vint s'etablir a Paris, a I'epoque du Consulat. Sa liaison, publiquement affichee, avec 
Charles-Maurice de Talleyrand-Perigord aboutit a un mariage auquel Napoleon obligea son 
grand-chambellan, et c'est ainsi que « I'eveque d'Autun prit femme ». Mais une separation 
amiable ne tarda pas a intervenir, et, tandis que le celebre diplomate continuait d'habiter 
son hotel de la rue Saint-Florentin, oii il re9ut I'empereur Alexandre en 1814 et 181 5, sa 
femme legitime, convenablement pensionnee, s'installa dans le faubourg Saint-Germain. Elle 
mourut en i835, dans sa villa de Beausejour, a Auleuil. 

Cf. Souvenirs de M°" Vigee-Le Brun (Paris, s. d.), t. II, p. 36i ; — Lady Dilke, French painters, etc. 
op. cit., p. 167 ; — P. de Nolhac, M" Vigee-Le Brun, etc., op. cit. (1908), pp. 18, 3o et i5i ; — le meme 
ouvrage, op. cit. (1912), pp. 29, .S3 et 25o. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpte et dore; de forme ovale, avec noeud 
de ruban au fronton et ornement, formant cul-de-lampe, a la partie inferieure. 



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84 COLLECTION JACQUES DOUCET 



VIGEE-LE BRUN 

(LOUISE-ELISABETH) 



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Charles- Alexandre de Calonne. 

En buste, le corps de trois-quarts a droite, la tete presque de face, 
il regarde le spectateur. Le visage rase, il porte une perruque poudree 
dont les boucles tombent sur les epaules. Le cou pris dans la cravate 
de lingerie, il est vetu d'un habit noir, sur un gilet que recouvre le 
jabot de dentelle et que traverse en sautoir le cordon bleu de Tordre 
de Saint-Louis. Sur le cote gauche de la poitrine, la plaque du Saint- 
Esprit. Au fond, a gauche, le haut du siege sur lequel le personnage 
est assis. 

Toile. Ovale. Haut., 81 cent.; larg., 65 cent. 

Peint en 1785, suivant M. de Nolhac, 

Peut-etre le n° 28 de la vente du baron Charles de Veze (Paris, 5-io mars i855). 

Exposition de Marie-Antoinette et de son temps (Paris, 1894), n^ i56. 

Repr. dans P. de Nolhac, M™^ Vigee-Le Brun, etc., op. cit. (1908), p. 58, Charles- 
Alexandre de Calonne; — le meme ouvrage, op. cit. (1912), p. 104 (meme titre). 

Repetition partielle, mais rigoureusement exacte, du grand portrait de « M. de 
Calonne, Ministre d'EtatetControleur General des Finances »,que M^'Vig^e-Le Brun 
exposa au Salon de 1 785 (n° 87) et qui a ete grave en i 787 par De Br^a. A I'occasion de 
ce portrait, la malignite publique accusa Tartiste d'etre devenue la maitresse du ministre, 
a tel point qu'elle et son mari furent obliges de s'en defendre publiquement. (Cf. Souve- 
nirs de M'"^ Vigee-Le Brun, etc., op. cit., t. I, p. 72 et suiv.) 

Charles-Alexandre de Calonne, n^ a Douai en 1734, d'une famille parlementaire, 
fit un chemin rapide dans la magistrature. Intendant a Metz et a Lille, il parvint au 
controlc general des Finances en 1783. Mais sa fortune fut aussi courte que brillante. 
Ayant convoqud TAssembl^e des Notables en 1787, il fut disgracie. II s'enfuit en 
Angleterre, parcourut TEuropc, dcrivit contre la Revolution et revint en France, oil il 
mourut a Paris, en 1802. 

Cf. P. de Nolhac, Mme Vig^e-Le Brun, etc., op. cit. (1908), p. Sg; — le mSme ouvrage, op. cit. 
(1912), p. 102. 

Cadre ancien, d'^poque Louis XVI, en hois sculpt^ et dor^; de forme ovale, a 
fronton form^ d'un cartouche et de rubans, avec chutes de guirlandes de feuillages. 




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SCULPTURES, TABLEAUX 85 



WATTEAU 

(JEAN-ANTOINE) 
Valenciennes, 1684 -j- Nogent-sur-Marne, 1721. 

La Porte de Valenciennes. 

Au centre de la composition, deux soldats debout : ceiui de gauche, 
la main posee sur son fusil en bandouliere ; I'autre, aupres duquel est 
un chien, s'appuyant sur son fusil. A droite, au pied d'une muraille, 
couronnee de verdure et supportant une voute, on voit, au-dessous 
d'un ecusson de fleurs de lys, un groupe de quatre soldats : Tun, assis 
et vu de dos, tenant une pipe de la main gauche ; a droite et en arriere 
de celui-ci, un autre debout, de profil k gauche, la main appuyee sur 
son fusil en bandouliere ; entre ces deux personnages, on apercoit la 
tete nue d'un troisieme fumant une longue pipe qu'il tient de la main 
droite ; enfin, plus loin, vers la gauche, un autre soldat est endormi a 
terre. Au premier plan, au centre, un chien couche pres d'un fusil et 
d'un tambour. A gauche, a I'arriere-plan, un soldat debout, drape 
dans un manteau rouge. Au fond, la porte avec son pont-levis, ou 
passent d'autres soldats, et les fortifications, que domine la silhouette 
d'une sentinelle. 

Toile. Haut. 32 cent.; larg., 40 cent. 



Collection Thore-Biirger (Vente a Paris, 5 decembre 1892) : « n° 39. Pater, /e* 
Gardes du fort», avec cette remarque a la fin de la description : « Fin et spirituel 
tableau de I'artiste, ayant toute la fermete des oeuvres d'Antoine Watteau ». 

Le soldat, en manteau, a gauche de la composition, se rencontre, grave par Audran 
(en contre-partie), dans les Figures de differents caracteres. (Cf. Goncourt, Catalogue 
raisonne, etc., d'Antoine Watteau [Paris, 1875], p. 260, cat. n<> 457 : « 95. Soldat vu 
de profil, le manteau releve par la crosse du fusil. J. A. [Jean Audran] ».) 

Cadre ancien, d'^poque R^gence, en bois sculpt^ et dore, k coquilles et fleurettes. 



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86 COLLECTION JACQUES DOUCET 



ECOLE FRANCAISE 

XVIII* SIECLE 

Portrait de jeune femme. 

Vue a mi-corps, de trois-quarts a gauche, la tete de face, elle 
regarde franchement le spectateur. Les cheveux chatains, releves et 
poudres, serres par un ruban bleu, retombent sur les epaules en boucles 
encadrant le cou. Elle est vetue d'une robe blanche decolletee, decou- 
vrant I'epaule gauche. Au creux du corsage, que borde une echarpe 
transparente, une rose est piquee. Le bras gauche est voile par une 
draperie bleu ciel, dont I'extremite flotte dans le fond derriere I'epaule 
droite. 

Toile. Ovale. Haut., 71 cent.; larg., 57 cent. 



Ce tableau a ete attribu^ a I'atelier de M"' Vigee-Le Brun ; certains connaisseurs 
le donnent a Pierre-Adolphe Hall (Boras [Suede], 1739 f Li^ge, 1793), le fameux 
miniaturiste, qui exposa, a plusieurs reprises, aux Salons du Louvre, des portraits 
paints a I'huile. 

Cadre ancien, d'dpoque Louis XVI, en bois sculpte et dor^; de forme ovale, avec 
fronton form^ de guirlandes et de chutes de fleurs, surmonte d'une colombe. 




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194 



SCULPTURES, TABLEAUX 



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ECOLE FRANCAISE 

XVIII« SIECLE 

Tete de jeune femme. 

Tete de trois-quarts a droite, legerement penchee en avant, regar- 
dant en face, avec une expression souriante. Les cheveux poudres et 
releves, serres par un cordon orange, retombent en boucles sur les 
epaules. La gorge est nue. Sur Tepaule droite, couverte d'une etoffe 
blanche, un bijou d'or retient la pointe d'un corsage bleu ciel. 

Toile. Ovale. Haut., 5i cent.; larg., 44 cent. 



Cadre de style Louis XVI, en bois sculpte et dor^; de forme ovale, surmont^ d'un 
noeud de ruban. 



88 COLLECTION JACQUES DOUCET 



V 



fiCOLE FRANCAISE 

XVIIIe SIEGLE 

Portrait de femme, 

fO En buste, la tete de trois-quarts a gauche et regardant en face. Les 

R cheveux poudres et releves, retenus par un ruban bleu ciel, retombent 

en boucles sur les epaules. Elle est coiffee d'un grand chapeau de paille, 

borde et garni de rubans bleus, et vetue d'un corsage de sole grise, 

decollete, que recouvre une echarpe transparente a rayures blanches. 

Toile. Ovale. Haut., 55 cent. ; larg.,45 cent. 



Exposition de Marie-Antoinette et son temps (Paris, 1894), n° i65 (sous le nom de 
Vigee-Le Brun). 

Cf. P. dc Nolhac, Madame Vigee-Le Brun, etc., op. cit. (1908), p. 1 Sy; — le meme ouvrage, op. cit, 
(1912), p. 260. 

Cadre ancien, d'epoque Louis XVI, en bois sculpt^ et dore; de forme ovale, orne 
de chutes de guirlandes de fleurs et d'un noeud de ruban formant fronton. 






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195 




Deuxieme Partie 



SCITLPTIIRES . TABLEAUX 



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